Da Pacem

La tolérance n'est qu'un état transitoire qui doit mener au respect... Voici en substance un message qui rend à Noël une dimension universelle, loin de tous les clichés, loin de tous les cloisonnements. C'est en substance l'essence des derniers cours de l'année que je donnais cette semaine. L'art, en effet a la capacité de symboliser avec une force émotionnelle exceptionnelle les grandes idées de l'humanité. J'avais déjà publié le billet qui suit l'année dernière. Il reste plus que jamais d'actualité et se teinte aujourd'hui d'un de mes principes les plus chers, celui de l'importance de la culture, au sens large, pour ouvrir l'esprit et permettre d'envisager le monde avec intelligence (au vrai sens du mot "comprendre"), de faire la part des choses en gardant un esprit critique face à ce qui se présente à nous et de ressentir la connaissance, seule manière de la fixer en nous avec force. 

Si un traditionnel message de paix se délivre immuablement à l'approche de la fête de Noël, c'est certes parce qu'il symbolise dans la tradition chrétienne la naissance de Jésus, symbole d'une nouvelle ère, d'une ère de paix. Si le 25 décembre s'est imposé, c'est parce qu'y est associé le début d'une nouvelle vie, celle de la lumière qui, chaque jour, à partir du solstice d'hiver, grappille un peu sur le ténèbres. Les romains avaient, bien avant l'ère chrétienne, la fête du Soleil invaincu (Sol invictus).

Or la lumière et les ténèbres ne sont pas qu’extérieures, elles sont aussi (surtout) ancrées bien au fond de nous-mêmes. Ce conte soufi et ce choral de Bach et le Da Pacem d'Arvo Pärt devraient, en ces jours où l'on crie partout à la paix (nous y aspirons tous à l'exception des cas pathologiques et populistes), nous faire réfléchir sur ce qui dépend vraiment de nous dans l'évolution de nos rapports aux autres:

 

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Art islamique, décoration florale d'un mausolée Soufi, © Bridgeman Art Library / Multan, Pakistan / © World Religions Photo Library


"Il était une fois, un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s’approcha et lui demanda:

- « Je ne suis jamais venu ici, comment sont les gens qui vivent dans une ville ? »

Le vieil homme lui répondit par une question :

- « Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? ».

- « Egoïstes et méchants... C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir! » dit le jeune homme.

Et le vieillard de répondre :

- « Tu trouveras les mêmes gens ici ».

 

 

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.

- « Je viens d’arriver dans la région, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? ».

- « Dis-moi, mon garçon, demanda une nouvelle fois le vieillard, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? ».

- « Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis, j’ai eu beaucoup de mal à la quitter », répondit le jeune homme.

- « Tu trouveras les mêmes ici » répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux à côté avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme s’éloigna, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :

- « Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ? ».

- « Mon fils, dit le vieil homme, celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres. Chacun porte son univers dans son cœur »."

 

 

 

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Commentaires

  • Merci pour ce beau texte qui me redonne un peu d'espoir en l'Humanité

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