Concerts U3A - Page 4

  • Festival 2017 J+3 Ce n’est qu’un au revoir…

    Quels formidables voyages d’été ! Décidément, nos musiciens nous offrent le meilleur d’eux-mêmes pour servir la musique, leur passion, la nôtre aussi ! Puis, comme le montre la photo ci-dessous, les Concerts de l'U3A et notre festival se veulent un exemple de convivialité et de rencontre des générations... tout un symbole... qui fait vraiment chaud au cœur! La troisième journée du festival nous a encore fait découvrir d’autres contrées, d’autres horizons émouvants, fantastiques, tragiques parfois… mais après tout, n’est-ce pas la fonction de l’art que de nous faire vibrer et de nous faire sentir à la fois la force de l’Homme, mais aussi ses failles et ses gouffres ? 

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    La promenade commençait, même s’il était encore tôt et qu’il faisait encore clair, par un ensemble de nocturnes concocté par la pianiste liégeoise Tamara Caucheteux. Elle avait décidé de proposer un parcours à travers les Nocturnes de John Field, probablement l’inventeur du genre, même si déjà certains adagios des sonates de Mozart peuvent y faire songer. Mais Field reste encore peu connu du grand public… une musique qui, un peu dans l’esprit des salons, chante merveilleusement et a sans doute influencé Frédéric Chopin.

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    Photos Armand Mafit 

    Ce dernier, lui, a porté le genre bien au-delà de l’anecdote en y plaçant tout son être et en faisant de ce qui au départ n’est qu’un moment musical, une œuvre magistrale à part entière. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les compositeurs de petites formes qui parviennent, en quelques minutes parfaitement structurées, à nous emporter loin en nous… en eux ! Tamara nous conduit au cœur de son intimité. Son jeu limpide aux belles sonorités ouvragées, ses notes perlées sont d’une rare subtilité et nous proposent un voyage intérieur, celui de la confidence… à chacun de s’y retrouver… ça marche, le public est conquis !

     

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    Pour terminer, trois superbes Nocturnes de Gabriel Fauré, pièces aux subtiles harmonies et aux délicates sonorités. On y entend certes l’influence de Chopin, celle de Field semble bien loin désormais, mais on reconnaît la patte fauréenne que Tamara transmet avec finesse. Un superbe voyage au cœur des subtiles couleurs crépusculaires et nocturnes.

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    C’est toujours un grand moment du festival, attendu de tous, que celui où se présentent sur notre scène ceux qui font vraiment partie de la famille des Concerts de l’U3A. On ne présente plus Étienne Capelle, violoncelliste exceptionnel, ni la formidable pianiste Maud Renier. Ils sont à nos côtés pour notre plus grand bonheur depuis les débuts de nos concerts et nous proposent chaque année de véritables moments de bonheur. Et depuis plusieurs années, ils ont formé un superbe quintette avec des musiciens de très haut niveau, Barbara Milewski au premier violon, Hélène Lieben au second, toutes les deux musiciennes à l’Orchestre philharmonique royal de Liège, et Pierre Heneaux à l’alto.

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    Ils nous avaient déjà offerts lors d’autres éditions du festival le merveilleux et tragique Quintette de Robert Schumann ainsi qu’un arrangement du Premier Concerto pour piano de Chopin avec accompagnement de quatuor à cordes… ils avaient, vous l’imaginez bien, déclenché l’enthousiasme de la salle.

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    Cette année, ils nous offraient un programme à nouveau magique puisqu’ils interprétaient le grand Quintette op. 81 d’Antonin Dvořák… une œuvre sublime ! Et comme d’habitude, ils ont su nous entraîner dans un voyage merveilleux. La pièce nous attrape d’emblée par sa force tragique. La tonalité de la mineur n’y est pas pour rien, elle représente souvent l’expression d’une profonde tragédie. Une forme de véhémence, qui, sous certains aspects, peut justement faire penser à Schumann.

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    Mais c’est le grand mouvement lent, la géniale Dumka qui nous plonge dans cette indicible mélancolie tchèque avec son thème récurrent et envoûtant. Émotion… on sent le public bouleversé. Le scherzo qui suit est exactement l’inverse de la Dumka, c’est un Furiant dont, rien qu’à l’évocation du nom, on en ressent la substance. Retour à la vie, certes, mais pas de manière apaisée… le final lui-même, très enlevé semble ne pas rétablir une joie manifestement perdue dans les tréfonds du temps… La mélancolie slave est bouleversante et résonne en nous avec force.

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    Pour compléter le programme, nos musiciens avaient décidé de jouer sur l’originalité et la surprise… le début du concert présentait donc les 7 Airs écossais pour piano et quatuor à cordes du compositeur anglais Gustav Holst. Une musique surprenante dont plusieurs thèmes nous sont familiers…

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    Je ne savais pas, d’ailleurs, que la célèbre chanson « Ce n’est qu’un au revoir » était d’origine écossaise. Après vérification, voici ce qu’en dit Wikipédia :

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    « Auld Lang Syne, chanson écossaise plus connue des francophones sous le nom de Ce n'est qu'un au revoir, signifie en scots (dialecte Lallans) « Depuis longtemps », « Les jours passés d'il y a longtemps », « Les jours d'antan », ou aussi « l'Amitié de vieille date ». En français et en anglais, ce chant est souvent repris à la nouvelle année ou à la fin de réunions amicales ou de certaines cérémonies maçonniques.

     

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    On doit la transcription et la publication de cette ancienne ballade écossaise au poète Robert Burns à la fin du 18ème siècle, à partir de fragments d'une chanson écossaise plus ancienne. En 1920, c’est le Père Jacques Sevin qui en écrivit les paroles françaises. Elle fait également partie des nombreux et variés Volkslieder (Chants populaires) ré-harmonisés par Beethoven dans son recueil Douze chants écossais, WoO 156 (1818), dans une harmonisation pour soprano, ténor et basse, avec accompagnement de violon, violoncelle et piano. »

     

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    Le choix de cette pièce, superbe au demeurant, revêt alors un autre et vrai message symbolique car ce qui me lie à nos musiciens et ce qui les lie à nos concerts, je l’ai dit plus haut, c’est effectivement une amitié de longue date et lorsqu’ils nous disent au revoir, en reprenant en bis cette partie de l’œuvre, avec une profonde émotion au sein du public, c’est qu’ils nous promettent déjà de revenir… il faudra attendre et les séparations, même temporaires sont douloureuses. Mais, comme le dit aussi la chanson, oui, nous nous reverrons… c’est certain !

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