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  • Rose du ciel

     

    Je n’ai jamais été partisan d’obéir aux injonctions du calendrier des fêtes de l’année. On n’a pas toujours envie de se réjouir à une date précise, ni de faire des cadeaux quand il « convient » d’en faire. Je crois que le plaisir, le cadeau ou autre forme de partage et d’émotion doit venir du cœur et trouve sa meilleure expression dans la spontanéité. Ainsi, la fête de la Saint-Valentin, dans ce qu’elle représente d’une vaste entreprise commerciale, a un seul mérite à mes yeux, si du moins nos semblables sont sincères avec leur partenaire et avec eux-mêmes, qui réside dans la mise en valeur de l’émotion positive suscitée par l’amour véritable. Certes, cet amour ne se montre pas que le 14 février. C’est tous les jours qu’il nous habite lorsqu’il nous a investi… et ce y compris à la Saint-Valentin.

    Loiuis Ducis, Orphée et Euridyce.jpg

    Jean-Louis Ducis (1775-1847), Orphée et Eurydice, 1808.

    Voici un texte magnifique et un extrait sublime de l’Orfeo de Claudio Monteverdi sur un livret de Alessandro Striggio le jeune. Malgré quelques expressions et idées qui témoignent de son époque (l’Orfeo a été créé à la cour de Gonzague de Mantoue en février 1607), sa poésie reste actuelle et d’une confondante sincérité. Quand Orphée chante pour Eurydice, nous partons avec lui dans l’une des plus belles déclarations d’amour… n’hésitez pas à la partager avec votre Valentin(e) !

    « Rose du ciel, source de la vie,
    Et digne descendant de celui qui contient l’univers,
    Soleil, toi qui tournes autour du monde, toi qui vois tout,
    Du haut des sphères étoilées :
    Dis-moi, vis-tu jamais
    Amant plus heureux et plus comblé que moi ?
    Qu’il fut heureux, le jour
    Où je te vis, ma bien-aimée, pour la première fois,
    Et plus heureuse encore fut l’heure
    Où mon cœur soupira d’amour pour toi,
    Puisqu’à mes soupirs répondirent les tiens ;
    Ô combien fut heureux l’instant
    Où vers moi tu tendis
    Ta blanche main, gage d’un pur amour.
    Si j’avais autant de cœurs
    Que le ciel éternel n’a d’yeux, et que de feuillages
    Ont ces douces collines au mai verdoyant,
    Ils seraient tous comblés et débordants
    De cette joie qui m’emplit aujourd’hui. »

     

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