1810

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    Public très nombreux et enthousiaste hier soir pour écouter et acclamer la pianiste Isabelle Landenne dans son superbe récital à l’Université du Troisième Âge de Liège.

     

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    Et un programme de très haut niveau pour commémorer le bicentenaire de la naissance de Robert Schumann et Frédéric Chopin. Un nocturne et un scherzo de Clara Schumann complétait judicieusement le récital. Et ce fut d’ailleurs la première surprise de la soirée. Une musique très sensible, lyrique et virtuose, une musique qui, sous certains points, montre sa parenté avec celle de son époux, mais qui ne manque jamais d’être originale. Oeuvres remarquablement construites et profondément touchantes, il est incompréhensible que, bien que d’une très haute tenue pianistique, elles restent dans l’ombre et ne soient presque jamais interprétées au ni concert, ni au disque.

     

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    Pièces de résistance, d’une virtuosité démoniaque, le premier mouvement de la Fantaisie opus 17 et le Carnaval de Vienne de Schumann ainsi que le premier scherzo de Chopin ont été l’occasion pour Isabelle Landenne de nous montrer une technique parfaite, une formidable endurance, une exceptionnelle aisance et une totale liberté  expressive lui permettant de faire sonner notre modeste piano comme un véritable orchestre.

     

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    Mais son jeu est aussi très sensible et sait chanter et distiller les mélodies les plus fines. Le toucher particulièrement aérien dans les vastes traits ornementaux du fameux nocturne en ut dièse mineur, la mélodie chantée comme un véritable air de bel canto (on sait l’intérêt qu’Isabelle Landenne porte à l’art du chant), un rubato parcimonieux, comme le voulait Chopin et un usage modéré de la pédale sont parvenus à créer une ambiance profondément expressive malgré un tempo très rapide.

     

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    Mais le Chopin exacerbant l’esprit national polonais se retrouvait dans la grande Mazurka en si bémol majeur qui, de manière si caractéristique, énonce cette danse populaire qui reflète la patrie laissée au loin et jamais oubliée. Isabelle a réussi cette gageure de nous faire ressentir à la fois l’ambiance des salons aristocratiques parisiens dans lesquels se produisait Chopin, le mouvement de danse à trois temps si particulier de la mazurka et le déchirement de la patrie aimée lointaine. Toute la magie de Chopin était réunie dans cette parfaite interprétation.

     

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    Enfin, pour notre plus grand plaisir, après les acclamations du public, un judicieux bis rassemblait les trois compositeurs de la soirée. Chiarina et Chopin, les deux pièces tirées du Carnaval opus 9 de Robert Schumann recréaient encore un peu le rêve. Mais incontestablement, l’héroïne de la soirée était la pianiste qui a su émouvoir, impressionner, charmer et faire (re)découvrir ce pan de la musique romantique, celui de la « génération 1810 ».

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