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  • Herbig, le retour



    Le grand chef d’orchestre Gunther Herbig est à nouveau à Liège pour deux semaines. Invité par l’Orchestre philharmonique royal de Liège, il donnera deux concerts très différents l’un de l’autre. Le premier est entièrement consacré à l’Amérique avec Copland, Barber et la fameuse Symphonie du « Nouveau monde » de Dvorak pour ouvrir l’année 2012, le second est un récital orchestral consacré aux romantiques, Beethoven (Egmont), Schubert (Inachevée) et Brahms (Symphonie n°2), qui devrait mettre en valeur la maîtrise de celui qui est devenu aujourd’hui une légende de la direction d’orchestre. Plus d'informations sur le site de l'OPRL


    Et c'est à travers de grands orchestres américains, justement, que la réputation de Günther Herbig a acquis une dimension mondiale : premier chef invité du Dallas Symphony à partir de 1979, chef permanent du Detroit Symphony Orchestra pendant six ans puis du Toronto Symphony Orchestra jusqu'en 1994.Formé à Weimar, il a étudié avec Hermann Scherchen avant d'être un des rares jeunes chefs à travailler intensivement avec Herbert von Karajan. Etabli aux Etats-Unis où il réside toujours, il a été à la tête de la Philharmonie de Dresde et de l'Orchestre Symphonique de Berlin (est).Aux Etats-Unis, il a dirigé les meilleurs ensembles : Orchestres de New York, de Chicago, de Boston, de Philadelphie, de Cleveland, … bref toutes les grandes formations. Entre 1990 et 1997, il est invité pour un master class de direction d'orchestre à l'Université de Yale… excusez du peu !

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    Sa carrière européenne et mondiale depuis son départ de l'ex Allemagne de l'Est n'est pas moins impressionnante : premier chef invité du BBC Philharmonic à Manchester, nombreux engagements par les grands orchestres londoniens et européens, ainsi qu'au Japon, en Amérique du Sud, en Australie et bien sur à Liège. Il a été nommé depuis peu à la tête de l'Orchestre Symphonique de la Radio à Saarbrücken. Sa discographie importante compte plus d'une centaine d'œuvres éditées, pour l’essentiel, par le label allemand Berlin Classics.

    J’ai eu cette chance inouïe de pourvoir travailler directement avec ce gentleman de la baguette à plusieurs reprises dans le cadre de la série des concerts commentés « le Dessous des Quartes ». Je dis bien « chance » car un musicologue n’a pas toujours la possibilité de participer d’aussi près au travail d’un orchestre. Cela m’a donné, à de nombreuses reprises,  l’opportunité de rencontrer des chefs aussi prestigieux que Armin Jordan, Petri Sakari, Vernon Handley, Alexandre Dmitriev, Louis Langrée, Pascal Rophé, Patrick Davin et beaucoup d’autres encore. Ces rencontres ont toutes été très enrichissantes pour moi. J’ai pu les observer dans leur travail, les interroger sur leur métier, sur leurs interprétations et leur vision de la musique. Souvent, leurs réponses ont contribué à faire évoluer ma propre vision de la musique.



    Il faut dire que l’homme est charmant. Très cultivé, ses paroles sont toujours mesurées et efficaces. On sent d’emblée l’envergure du personnage lorsqu’il se présente devant l’orchestre. Ce dernier le respecte sincèrement. Son travail est rigoureux et précis. Il sait exactement ce qu’il désire et il l’obtient presque immédiatement. Il n’a pas besoin d’élever la voix et d’ailleurs, il ne parle pas beaucoup. Sa gestique est suffisamment significative. Tout le monde le comprend et …adhère. Le personnage ne manque pas d’humour et il l’allie à son sens didactique. Je me souviens que pour illustrer le canon sur Frère Jacques qui figure dans le mouvement lent de la Première Symphonie de G. Mahler, il avait fait chanter le public après l’avoir divisé en quatre parties…moment inoubliable !

    Alors on ne peut que se réjouir du retour du maestro en Cité ardente. Deux semaines de régal musical, deux concerts assurément passionnants. À ne pas rater !


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