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  • Ne pas se tromper de cible… !

     

    On ne parle que de cela ! Les déboires de la flamme olympique divisent le monde entre ceux qui s’insurgent contre l’attribution des Jeux à une dictature qui bafoue tous les jours les droits de l’homme et ceux qui considèrent que les manifestations sont dirigées contre les sportifs.

     

    On se trompe complètement de cible. Le Comité Olympique International multiplie les déclarations incendiaires en affirmant que le sport est attaqué. Il a raison sur un point. Les athlètes préparent depuis longtemps leur participation à cette fête qui constitue, pour eux, l’aboutissement de longues années d’entraînement et de sacrifices. Ce serait terrible de rater ce rendez-vous unique. Dans quatre ans, ils ne seront peut-être plus capables se s’y représenter. C’est, évidemment, l’argument proclamé haut et fort par les responsables pour justifier le maintien de toutes les cérémonies. Décidément, oui, le sport est symbole de paix et de tolérance (reste à débattre des nombreux incidents et atteintes à l’intégrité humaine qui se produisent dans les stades, mais ça, c’est une autre affaire… !)


      PekinJO

    Lorsque les représentants du COI, manifestement mal à l’aise ces derniers jours, cherchent à culpabiliser l’opinion publique en proclamant leur honnêteté vis-à-vis des sportifs et du sport en général, avouent du bout des lèvres que l’organisation des Jeux n’a jamais d’impact sur le comportement humain d’un pays, ils se contredisent allègrement. Pourquoi alors confier cette belle manifestation à des pays qui, de toute manière, ne changeront pas leur attitude d’un iota ? A moins que d’impérieuses raisons économiques ne viennent mettre leur nez dans ce qui devrait en être complètement étranger…

     

    Vous me direz sans doute que cette organisation suppose des frais titanesques. De fait, les infrastructures ultra modernes coûtent des milliards de dollars et accueillir les J.O. n’est pas à la portée de tous. Cependant, au nom de ces sommes astronomiques, qui doivent tout de même bien être rentabilisées, on exproprie, on détruit des quartiers entiers, sans doute vétustes, on crée de nouveaux sans-abri on applique une répression terrible, bref, on saigne une population déjà bien malmenée sans cela. Si retombées il y a, ce n’est de toute façon pas les gens dans la misère qui en profiteront.

     Alors, dans ces conditions, comment les épreuves pourraient-elles se dérouler dans la sérénité et la saine émulation ? Que percevrons-nous exactement des J.O. 2008 ? Le pouvoir chinois fait déjà savoir que seules les images non censurées nous parviendront et tant pis si la retransmission en direct n’est pas possible… ! Les autorités chinoises sont passées maîtres dans la désinformation. Rappelez-vous, il y a quelques jours, ces moines tibétains violents (!) qui détruisaient tout, une photo de presse dévoile le pot aux roses…soldats chinois en costume de moines… ! (impossible de vérifier l’authenticité de la photographie cependant).
    Armée chinoise et costumes de mones tibétains
     Canada Free Press[Friday, March 21, 2008 10:20] Brit spies confirm Dalai Lama's report of staged violence
    By Gordon Thomas

    Comment oublier que le parcours de la flamme, ce magnifique symbole, aura suscité tant de manifestations et de répressions (les événements de Paris sont éloquents sur la manière de traiter la population et la presse) ? Comment sourire à la cérémonie d’ouverture, grandiose sans doute, en pensant que juste à côté du stade se trouvent des milliers d’êtres humains dans la misère physique et morale qui ne peuvent jamais exprimer librement leur douleur ? En cautionnant une telle entreprise, nous faisons preuve non seulement d’hypocrisie, nous défendons le droit au sport en ignorant des droits bien plus fondamentaux encore !

     

    Ce n’est pas le sport qui est pris en otage, ce sont tous les décideurs politiques (car ne nous leurrons pas, la politique est présente au COI) qui se sont avancés dans une voie à sens unique. Alors chacun y va de sa démagogie personnelle, n’ayant pas peur de contredire le lendemain ce qu’il affirmait la veille. On en est arrivé à pousser un ouf de soulagement parce que la flamme ne passe pas chez nous, quelle tristesse ! Faire marche arrière maintenant est fort improbable…diable, je ne voudrais pour rien au monde avoir cette responsabilité sur le dos… !

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