campagne

  • Sagesse antique ! (2)

     

    Aujourd’hui, on va voter. Cicéron avait déjà compris les règles de la campagne électorale. En voici un savoureux extrait.

     

    « Il existe trois choses pour forcer la sympathie et pousser les hommes à faire campagne : la reconnaissance pour services rendus, l’espérance et l’inclination naturelle. Il faut donc cerner les moyens susceptibles de faire naître chacun de ces sentiments.

     

    Les hommes trouvent dans les faveurs les plus intimes une raison suffisante pour faire campagne. A plus forte raison, comment ceux qui te doivent leur salut ne comprendraient-ils pas qu’à moins de s’acquitter aujourd’hui de leurs dettes ils n’auront jamais plus l’estime de personne ? Cependant, il faut les solliciter, les amener à l’idée que, si jusque-là ils sont restés nos obligés, nous pourrions bien devenir les leurs à notre tour.

     

    Quant à ceux que l’on tient par l’espérance, race plu zélée encore et de meilleur service, veille à ce qu’ils aient l’impression que ton concours leur est d’ores et déjà acquis ; qu’ils comprennent qu’en matière de services rendus tu es un observateur diligent ; que tu sais parfaitement discerner et reconnaître leur qualité ainsi que leur origine.

     

    Venons-en à la troisième catégorie, celle des dévouements spontanés ; il va falloir leur donner des bases solides en multipliant les témoignages de reconnaissance, en adaptant ton discours aux raisons pour lesquelles on a, selon toi, de la sympathie pour ta personne – en témoignant en retour une égale sympathie -, et en faisant espérer qu’une telle amitié pourra déboucher sur des relations d’intimité ».

     

    Quintus Cicéron, Manuel de campagne électorale

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