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  • Humour...

    En ces temps où l’actualité ne nous offre que des comptes-rendus de catastrophes humaines, de malversations de toutes sortes et de misères diverses, on n’a que l’embarras du choix, j’ai eu envie de vous faire sourire… et quoi de mieux pour cela que quelques caricatures musicales ? C’est vrai, l’humour fait partie de l’être humain et a toujours existé, même si souvent, il est bordé de limites dangereuses à franchir. Alors ici, nous ne bouderons pas notre plaisir… Florilège !

    Et à tout maître tout honneur, Gustav Mahler a bien souvent été dessiné, examiné et critiqué. Il faut dire qu’il déployait un art de la direction d’orchestre hors du commun à l’époque. Il avait non seulement exigé que les musiciens qui étaient présents aux répétitions soient les mêmes que ceux qui donnent le concert du soir (!!!) et que les auditeurs ne se déplacent pas et ne bavardent pas durant les représentations… il instituait ainsi le « concert cultuel » où l’œuvre était au centre de toutes les préoccupations.

     

    Hans Schliessmann (1852–1920) Mahler à Vienne en 1907.jpg

    Panoplie complète des gestes de Gustav Mahler dirigeant alors qu'il était directeur de l'Opéra de Vienne par Hans Schliessmann (1852–1920) .

     

    Ces éléments de gestiques ont inspiré d’autres dessinateurs qui se sont amusés à répertorier les signes, parfois bien mystérieux, que les chefs donnaient à leur orchestre. Ainsi de ce tableau humoristique : « Simagrées du chef d’orchestre moderne », un dessin du même Hans Schliessmann dans les Lustige Blättern en 1906.

     

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    Mais si G. Mahler a été une cible privilégiée des dessinateurs et chroniqueurs de tous poils, cette caricature de Jüttner laisse à penser que Richard Strauss n’était pas en reste. Ainsi, « l’Exécution électrique » dessinée à l’occasion d’une représentation de l’opéra Elektra en 1909. On y voit une chaise « éleKtrique » envoyer son funeste flux sur l’auditeur tandis que Strauss lui-même, muni d’un cornet, ajoute encore au supplice du malheureux.

     

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    Et vous qui connaissez bien Elektra de Strauss, sans doute l’un de ses plus complexes chefs-d’œuvre, vous comprendrez aisément le choc qu’a pu représenter une telle musique au cœur des publics de l’opéra. Et puisque nous parlons d’opéra, cette caricature viennoise est savoureuse. Elle représente un autre Strauss, Johann en compagnie de Jacques Offenbach. L’un et l’autre sont disposés sur les plateaux d’une balance et manifestement, l’Autrichien pèse plus que le français malgré la tentative désespérée de ses partisans d’inverser la tendance. Dans sa version originale, le dessinateur dont je n’ai pas trouvé le nom faisait dire à Offenbach : "Qu’importe qu’on me soulève. Je ne suis que mieux le représentant de ma muse légère".

     

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    L’humour n’épargne personne… même pas les ecclésiastiques, ces chantres qui, depuis le moyen-âge, préservent la polyphonie et la tradition. Ainsi ce dessin de 1826 qui représente avec force évocatrice les chantres de la Cathédrale de Dijon réunis devant le grand antiphonaire… savoureux !


     

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    Puis c’est la musique elle-même qui devient humour, du moins son écriture. Superbes que ces deux dessins qui illustrent avec une pédagogie très efficace la forme rondo où un refrain qui tourne sur lui-même en se répétant inlassablement en donnant l’illusion d’une ronde d’une part et la fameuse barcarole qui évoque si bien les gondoles de Venise et leur savoureux mouvement de balancier dans une mesure à six temps immortalisée par Offenbach… encore lui !

     

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    Le Rondo

     

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    La barcarole

     

    Et encore, un dernier pour la route, cette profession de foi où les français qui se sont longtemps gardés d’employer le mot « baroque » pour leur musique des XVIIème et XVIIIème siècles, ont attribué aux Italiens l’arrivée de cette mode de l’irrégularité, de la courbe et de l’arabesque dans l’Hexagone… une manière, humoristique… euh… ironique de rejeter la faute sur le voisin. Que François Ier se morde les doigts d’avoir le premier, dès les premières années du XVIème siècle, ramené avec lui ces artistes italiens prestigieux qui allaient, plus d’un siècle plus tard, corrompre de plus en plus le goût français… !

     

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    La musique baroque introduite en France par les chats italiens.

     

    Walt Disney et ses Aristochats n’a rien inventé… Bonne journée à tous !

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