chimay

  • Chimay

     

     

    Le séjour de Maria Malibran au château de Chimay m’a donné l’envie de revoir ce fleuron du patrimoine belge et ce lieu chargé d’histoire et d’art. Nous avons donc effectué le déplacement vers le sud de la botte du Hainaut, très près de la frontière française, dans le cadre d’une excursion estivale. Ce fut cependant l’un des rares jours pluvieux de nos vacances, mais comme dit le dicton : « Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin ! » 

    La petite ville de Chimay n’a pas de nombreux atouts touristiques. Elle est située sur un promontoire rocheux qui domine la vallée de l’Eau Blanche. Seuls son château, ses bières (qu’on peut d’ailleurs déguster avec modération partout ailleurs, ne vous en privez pas !) et la nature environnante attirent le promeneur. Et justement, la visite du château mérite le détour même si on aimerait en voir un peu plus. Son histoire nous est racontée par la princesse Elisabeth de Chimay, elle-même, dame d’un âge respectable aux manières pour le moins aristocratiques. Dans un langage très distingué et châtié truffé de réflexions humoristiques d’un autre âge, mais très savoureuses, elle nous raconte l’histoire mouvementée et sans doute un peu légendaire de son domaine, sa vraie raison de vivre.


     

    Princesse Elisabeth de Chimay
     La princesse Elisabeth de Chimay


     

    La construction première daterait de l’époque médiévale. Certaines sources et chroniques semblent évoquer les alentours de l’an mille pour sa construction et se serait poursuivie durant les XIIIème et XIVème siècles. Les nombreux incendies qui accablèrent la bâtisse empêchent des datations plus précises. Car si certains prétendent que le château fut l’une des résidences préférées de Charles le Téméraire, ce n’est qu’à partir du XVIème siècle qu’on trouve enfin des documents fiables qui attestent de son existence. Pourtant, en 1486, Chimay devient une principauté grâce à Maximilien d’Autriche et le château devient, semble t-il, la demeure du premier prince de Chimay.


     

    Chateau de Chimay 27072009 a
     


    Au cours du XVIIème siècle, le domaine est en grande partie détruit par diverses guerres et sièges et ce n’est que dans le courant du XIXème siècle que le château connaît enfin une période plus heureuse. C’est sous l’impulsion du prince François Joseph de Riquet de Caraman que les travaux nécessaires à la réparation des dégradations des siècles précédents furent entrepris. Un dernier incendie eut lieu en 1935. Il fut de nouveau bien endommagé et les restaurations qui furent entreprises lui ont rendu son aspect Renaissance (style Henri IV). Il est donc toujours la demeure de la famille princière de Chimay.

      


    Chateau de Chimay 27072009 k


    Outre les nombreux objets anecdotiques et une galerie de portraits des intervenants dans l'histoire du château présentés avec une virtuosité haute en couleurs par la princesse, le clou de la visite se trouve dans le petit théâtre que Madame Tallien fit construire dans le château. Il fut dessiné par Le Fuel et Cambon en 1863 et comporte 220 places. Il est une réplique en miniature du théâtre de Louis XV à Fontainebleau et remplace un ancien petit théâtre à l’italienne plus ancien. Ce qui touche profondément, c’est l’attachement des princes à la musique.

     


     
    Chateau de Chimay 27072009 g


    Ainsi, au cours de l’histoire, le château, et en conséquence, le théâtre dès qu’il fut construit, reçut la visite de grands noms de la musique. Liszt, Gounod, Borodine, La Malibran, Aubert, David Oistrakh, Byron Janis et beaucoup d’autres furent les invités de la famille. On a pu montrer que Luigi Cherubini y avait composé une partie de sa grande messe surnommée aujourd’hui la Messe de Chimay enregistrée il y a quelques années par Riccardo Muti pour EMI.


     

    Cherubini Messe de Chimay


    En voici un petit extrait trouvé sur YouTube (mais ce n’est pas la version de Muti, de meilleure qualité !



    Autre moment fort, la chapelle qui daterait dans sa première version de début du XVème siècle a conservé pendant quelques années, vers 1450, le fameux Saint suaire qui se trouve aujourd’hui à Turin et qui a tant fait parler de lui. C’est le Prince Evêque de Liège qui se serait opposé à le conserver définitivement à Chimay aux grands regrets de la princesse actuelle qui affirme, sans doute avec raison, qu’au lieu de recevoir quelques dizaines de visiteurs par jour, elle en recevrait alors des milliers, une manière de mettre définitivement du beurre dans les épinards… !


    Chateau de Chimay 27072009 b

    Lien permanent Catégories : Musiciens de chez nous, Musique 2 commentaires