cigarette

  • Un tournant ?

     

    Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler un peu de moi aujourd’hui. Vous l’aurez sans doute remarqué, les billets que je poste sur ce blog ne se suivent plus nécessairement tous les jours. Si je vous propose cependant de longs textes certains jours, d’autres sont plus modestes. Ce n’est ni l’inspiration ni la variété des sujets qui manquent, mais d’autres tâches m’occupent beaucoup. La mise en place de la saison prochaine s’achève et elle sera bien remplie. Il me faut souvent décider des titres exacts des conférences, négocier les dates, proposer un petit texte de présentation, bref toutes les paperasseries administratives … et je vous en passe d’autres moins réjouissantes. De plus, les dernières conférences de la saison proposent des sujets complexes qu’il faut travailler et méditer inlassablement. Tout cela occupe beaucoup de temps. 

    Mais tout cela ne serait rien si l’arrêt du tabac, sans doute l’une des décisions les plus difficiles de ma vie, ne venait entraver, temporairement j’espère, ma capacité de concentration. J’ai 46 ans et 25 ans de pratique tabagique à mon actif. Cela suffit ! Rassurez-vous, j’arrête ce poison de ma propre initiative, pas sur ordre médical. Je profite de la fin de saison, et du calme des vacances pour me lancer dans l’aventure sans tabac. Elle s’apparente à un saut dans le vide, dans l’inconnu d’une vie sans cigarette. Mais j’aime le vide, je vous l’ai souvent dit.  

    Mais parmi les effets secondaires les plus significatifs, cette tendance à être obnubilé par l’idée de fumer, par la sensation d’aspirer cette fumée fatale. Je parviens maintenant à ne plus y penser pendant de longs moments, mais le flash revient de manière imprévisible et me surprend au moment où je ne m’y attends pas. Mais pas question de lâcher prise. Cela fait désormais six semaines et les choses semblent s’arranger … lentement mais sûrement.


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    Je rassure mes chers auditeurs habitués ou occasionnels, cela ne se ressent pas dans les conférences et les cours. Certains, me voyant manger des fruits (je ne tiens pas à prendre dix kilos !) pendant les pauses, avaient bien remarqué que quelque chose avait changé. Je ne filais plus tirer sur la clope dès l’entracte ou dès la fin du cours. Curieusement, les séances que j’ai prestées ces dernières semaines ne m’ont pas causé le même problème que le travail de bureau. J’ai gardé mon aisance vocale et ma capacité à anticiper mon discours en temps réel, en un mot, à rester concentré. L’arrêt du tabac n’a pas non plus modifié mon humeur, ni transformé mon tonus en nervosité … tant mieux ! Par contre, je rédige des textes avec moins de facilité. Il me faut bien souvent reprendre la phrase que je viens de taper, la reformuler, préciser les sens que je veux lui donner alors que tout cela se fait tout seul d’habitude. Mais cela va revenir, j’en suis sûr. En attendant votre patience sera ma meilleure récompense et, quoi qu’il en soit, je poursuis la rédaction de ce blog avec détermination et plaisir. Car il faut que cela reste un plaisir ! 

    Tout cela pour vous dire, et ceux qui souffrent d’une quelconque dépendance le savent, que même si nous avons conscience de l’esclavage auquel nous réduit notre « vice », notre corps a besoin de temps pour se libérer … et d’ailleurs pour considérer que c’est une libération. Tout est dans la tête disent certains. Ils ont raison car les effets physiques de dépendance disparaissent dans le mois. Reste alors le plus difficile, les réflexes pavloviens, conditionnés, les tentations que notre cerveau provoque. Il n’y a pas à dire, c’est une fameuse expérience de vie … avant qu’elle ne devienne une de mort!

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