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    Il a vingt ans depuis hier et fait désormais partie de notre quotidien. Le SMS (Short Message Service), dit aussi Texto, est plus qu’un simple moyen de communication, il est un mode de vie. Quand on imagine que les adolescents envoient et reçoivent plus de 150 SMS par jour, on n’est pas étonné que ce soient plus de 200 000 messages par seconde à travers le monde qui transitent d’un portable à l’autre par le biais des opérateurs téléphoniques. Oui vous lisez bien ! 200 000 par seconde… inimaginable ! Il est devenu une vraie manière de communiquer, d’être connecté à tout moment et si on peut douter de la pertinence de tous ces SMS, il faut admettre ce phénomène de société au même titre que les réseaux sociaux qui nous connectent au monde à tout moment.

    À l’origine, le SMS était destiné à transmettre des messages de service provenant de l’opérateur téléphonique, dans le système GSM dont il est issu, avant de connaître ses utilisations actuelles. Historiquement, le premier SMS commercial aurait été envoyé en décembre 1992 par un employé de Sema Group. Neil Papworth avait écrit, à partir de son ordinateur personnel vers un téléphone mobile sur le réseau GSM, « Merry Christmas! » Les premiers messages étaient courts et seuls 160 caractères pouvaient passer par les opérateurs et les téléphones portables. On se souvient des claviers de téléphones comportant un chiffre et plusieurs lettres par touches. L’exercice qui consistait à taper un message devint rapidement une discipline de vitesse… ! Dans certains cas, l’utilisation intensive des pouces de la main pouvait même provoquer douleurs et blessures musculaires.

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    Il était donc primordial de trouver un moyen pour abréger les mots envoyés et, petit à petit, un nouveau langage s’est mis en place. Voici, par exemple, et à titre documentaire, une transcription de la « dik-t » de Prospère Mérimée en langage SMS…bonne chance si vous vous y lancez!

    «Pour parlé 100 zambig8T, ce 10né @ St AdrS, pré du Avr, malgré lé zéfluv ambomé 2 la mR, malgré lé 20 2 tré bon cru, lé Qisso 2 vo é lé Qisso 2 chevreuy pro10gué par lanfitrion , fu t1 vré guépié.
    kL que swa, kLk exigu ké pu paretr, @ coT 2 la som du, lé zar kéT 100C avoir doné la douRyR é le marguiyé, il éT 1fam dan vouloir, pour cela, @ C fuzilyé jumo é malbati, é 2 leur infliG 1e raclé, alor kil ne sonG ka prandr D rafraichissman avec leur coreliJonR. Kwa kil an swa, C bien @ tor ke la douRyR, par 1 contre100s exorbitan, C léC antrNé @ prandr 1 rato é kL C cru obliG 2 fraP lexijan marguiyé sur son omoplate viéyi.
    2 zalVol fur brizé ; 1e 10zantri se Dclara s8vi d1e ftizi é l1BciliT du maleureu sacru.
    « Par St Ipolite, qL MoraJ ! » Ccria ce bélitr.
    @ 7 évNman, 16i100 son goupiyon, ri10Ql exCdan 2 bagaj, il la pours8 dan légliz tout antiR.

    ProspR Mérimé »

    A sa lecture, Prosper Mérimée serait certes fort étonné… ! Et voici, pour ceux qui la préfèrent dans notre bonne vieille langue, une des trois versions de la dite dictée :

    « Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.

    Quelles que soient et quelqu'exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

    Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie.

    - Par saint Martin, quelle hémorragie, s'écria ce bélître ! À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière. »

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    Aujourd’hui, les Smartphones rendent ce langage obsolète puisque la plupart des appareils offrent un véritable clavier et que les SMS ne sont plus limités en nombre de caractères. Rien ne vous empêche donc d’envoyer la dictée complète et rédigée en français. Est-ce une chance pour la langue et l’orthographe ? On aimerait l’espérer, mais ce n’est pas gagné, je crois !

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