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  • Moine et voyou



    Voilà déjà le dernier concert de l’U3A qui approche à grands pas. Mercredi 27 avril à 18H à la Salle 11 de l’Université du Troisième Âge, Delphine Antoine (flûte) et Marie Havaux (piano) viendront nous interpréter la fameuse Sonate pour flûte et piano de Francis Poulenc (1899-1963).

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    Delphine  Antoine est née en 1988 et commence la flûte traversière à l’âge de 8 ans avec Marc Legros ainsi que le piano avec Antonio Maugeri à l’Academie de musique de Malmedy.


    Elle obtient en 2006, le 1er prix du Concours Ostbelgien et est également lauréate au concours Dexia. Cette même année, elle continue son parcours musical au Conservatoire Royal de Liège. Delphine aime beaucoup jouer en orchestre, c’est pourquoi elle fait partie de l’orchestre Jean-Noël Amal et de l’orchestre symphonique du conservatoire de Liège.

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    Delphine Antoine jouant du piccolo



    Elle a également joué en 2008  dans l’orchestre de la Grande Région en Belgique, France, Allemagne et Luxembourg et dans l’orchestre des Temps Modernes en 2010. Que ce soit en duo ou en formation plus grande, du baroque au contemporain, ce qu’elle aime par dessus tout c’est la musique de chambre !

    Quant à Marie Havaux est une jeune pianiste née également en 1988. Son premier parcours musical se fait à l’Académie de Bastogne. À 12 ans, elle rencontre Étienne Rappe dans un stage international. C’est lui qui, aujourd’hui encore est son professeur au Conservatoire Royal de Liège. À 17 ans, elle s’inscrit parallèlement dans la classe de François Deppe et de Kimiko Nishi. Cela fait désormais quatre ans que cette dernière lui enseigne le pianoforte. De nature curieuse, elle participe à plusieurs projets de musique contemporaine avec le clarinettiste jean-Pierre Peuvion et la pianiste Brigitte Foccroulle. Marie enseigne le piano, se produit régulièrement en concert et se tourne de plus en plus vers l’apprentissage du pianoforte ainsi que vers les disciplines de la musique de chambre.

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    Marie Havaux



    En 1917, il a 18 ans et présente à son professeur du Conservatoire de Paris, Paul Vidal, sa “Rapsodie nègre”, pour baryton et orchestre de chambre. Commentaire de Vidal : « Votre œuvre est infecte, inepte (…) c’est une couillonnerie infâme (…) Je vois que vous marchez avec la bande de Stravinski, Satie et compagnie, eh bien bonsoir ! »

    Dans le même temps Jean Cocteau et Guillaume Apollinaire jouent eux-aussi les rebelles … Poulenc fait partie, avec Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud et Germaine Tailleferre du groupe informel de musiciens que le critique Henri Collet surnommera en 1920 le Groupe des Six, en référence au Groupe des Cinq russes (Moussorgski, Cui, Balakirev, Borodine, Rimski-Korsakov). Leur esthétique commune, influencée par Satie et Cocteau, est une réaction contre le romantisme et le wagnérisme, et aussi, dans une certaine mesure, contre le courant impressionniste. Le Groupe des Six a créé seulement deux œuvres collectives : un recueil pour le piano Album des Six, et un ballet, Les Mariés de la Tour Eiffel. On pourrait dire que Poulenc est un classique sensible et antiacadémique…

    Ses créations sont d’une variété incroyable. Il aimait se qualifier lui-même de moine et voyou : « voyou » dans sa musique de chambre, écoutez donc le rondo du trio pour piano, hautbois et basson, le scherzo de la sonate pour hautbois et piano, la finale du sextet pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor ! Musique insolente, musique pleine de vie et d’humour… la Sonate pour flûte ne manque pas de ce piquant là… !

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    Francis Poulenc




    « Moine », il peut le sembler dans ses magnifiques compositions religieuses. En 1935, de passage à Rocamadour et consécutivement à la mort accidentelle de son ami, le compositeur et critique Pierre-Octave Ferroud, il vit un profond retour à la foi catholique de son enfance et se tourne vers des compositions d’inspiration religieuse. Après cet événement ses œuvres pour piano se font beaucoup plus rares et sont empreintes d’une profonde mélancolie.

    En 1936 il compose ses Litanies à la Vierge noire de Rocamadour, pour chœur de femmes et orgue (qu’il orchestrera ultérieurement), suivi en 1937 de la Messe en sol majeur pour chœur mixte a cappella, d’un Stabat Mater (1950) et d’un Gloria (1959). Le compositeur écrira aussi son fameux Dialogues des Carmélites en 1957.

    La Sonate pour flûte et piano est une œuvre tardive, elle aussi. Écrite entre décembre 1956 et mars 1957, elle fut créée par Jean-Pierre Rampal et Poulenc lui-même à Strasbourg l’année suivante. Elle reçut une excellente critique : « Du meilleur Poulenc… et même un peu mieux ! Un chant continu surgissant d’une écriture harmonique d’un constant raffinement. C’est dans la plus grande tradition française, celle qui va de Couperin à Debussy ». L’œuvre paraît d’une netteté classique et témoigne pourtant d’une véritable liberté formelle. Structure complètement maîtrisée, la seule vraie voie vers la liberté.

    Les trois mouvements (je vous en reparlerai bientôt) de la Sonate seront complétés par le superbe Merle noir d’Olivier Messiaen. La superbe pièce a été écrite et jouée pour la première fois en 1952, soit quelques années plus tôt que la Sonate de Poulenc. C'est la plus courte des œuvres de Messiaen, elle ne dure qu'un peu plus de 5 minutes. Le compositeur français était intéressé, on le sait, par l'ornithologie et plus particulièrement par les performances vocales des oiseaux. Bien que n'étant pas sa première œuvre à intégrer des chants d'oiseaux stylisés, « le Merle noir » a été la première à être fondée principalement sur le chant d'un oiseau et elle préfigure de nombreuses œuvres.

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    Messiaen, extrait du Merle noir pour flûte et piano




    Un concert à découvrir absolument… !

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