daniel radcliff

  • Clin d’œil



    Sourions un peu en cette fin de semaine. Et puisque nous convoquons, semaine après semaine, les compositeurs et leurs œuvres, rappelons-les pour qu’ils nous offrent ce qui ne les caractérise pas toujours, l’humour. Ainsi, puisque je vous parlais tout récemment de Liszt, de Mahler et de Chostakovitch, en voici d’inhabituelles présentations.

    Franz Liszt, enfant prodige, se rendit à Vienne en 1823. Il avait fallu toute l’insistance et la persuasion de Czerny, le professeur de piano du garçon, pour entendre Beethoven rétorquer : « Amenez donc ce drôle ! » Un matin, au domicile du maître, Liszt joue pour Beethoven, qui était complètement sourd mais qui percevait encore quelques vibrations, une œuvre de Ferdinand Ries et une fugue de Bach qu’il avait transposé dans un autre ton sur la demande expresse du compositeur. Beethoven est attendri. Il s’approche de Liszt, lui caresse les cheveux et lui fait quelques compliments enfantins : « Diable de gamin ! » Liszt s’enhardit : « Oserai-je jouer quelque chose de vous ? » Accepté. C’est le début du Concerto en ut mineur (le troisième). Cette fois, Beethoven est conquis : il embrasse Liszt sur le front et lui prédit : « Tu rendras heureux d’autres hommes. Il n’y a rien de mieux ».

    Pour Liszt, ce compliment fut le plus précieux de sa carrière, comme il n’a pas manqué de le rapporter par la suite (cité par P. Brévignon et O. Philipponnat dans le Dictionnaire superflu de la musique classique, Éditions Le Castor Astral, Paris, 2008).

    Mais Liszt ne s’imaginait sans doute pas que le cinéma russe des années 1950 allait lui rendre un hommage vibrant et… très kitsch. En effet, l’URSS qui cherchait à mettre en valeur ses artistes avait entrepris un film retraçant la vie de Glinka. « Kompozitor Glinka » est un film russe réalisé par Grigori Aleksandrov, sorti en 1952. Il parut également avec le titre anglais « Man of Music », fut réalisé par Grigori Aleksandrov et reçut une musique des compositeurs évoqués dans le film et de pièces originales de Chebaline. Pour incarner ces personnages historiques, quelques acteurs bien connus du cinéma soviétique avaient été réquisitionnés. Ainsi, on voyait apparaître Boris Smirnov dans le rôle de Glinka,  Lev Dourassov incarnait Pouchkine, le Tsar Nicolas Ier était joué par Mikhaïl Nazvanov et Franz Liszt, qui apparaissait quelques minutes comme le grand virtuose à succès, par le pianiste Sviatoslav Richter, affublé d’une perruque évoquant la chevelure de Liszt, lui qui était déjà à cette époque presque chauve. Non, non, vous ne rêvez pas… regardez plutôt.


     

     

     


       

    Ce film a reçu le Léopard d'or au Festival de Locarno en 1953 !



    Sans transition, le 3 novembre 1902, Maria, la première fille de Gustav Mahler et Alma Schindler, voit le jour… en sortant par le siège. En quoi le compositeur voit un signe de filiation incontestable : « C’est bien la fille de son père », dit-il alors, « elle montre immédiatement au monde le côté qu’il mérite ! »

     

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    Gustav Mahler, Caricature




    Pas plus que Gustav Mahler, petit et sec, mais auteur de monumentales symphonies, Dmitri Chostakovitch, que l’on sait avoir beaucoup admiré son illustre prédécesseur viennois, n’était pas un colosse. Yehudi Menuhin se rappelait, lui qui l’avait rencontré, que « cela faisait un choc de le rencontrer quand on l’avait d’abord connu par ses œuvres. Contrastant avec la force symphonique, la rhétorique ample et l’effectif énorme, c’était un homme chétif, timide et mal assuré ; il avait l’air d’un perpétuel étudiant et, à le voir, on aurait juré que s’il pouvait produire une ou deux chansonnettes, c’était bien le bout du monde ». Cet avis était du reste partagé par bon nombre de ceux qui l’ont rencontré et même par son propre fils Maxim. Est-ce pour cela qu’on jurerait que Dmitri Chostakovitch est le jumeau de ce sorcier bien connu, Harry Potter ?

     

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    Harry Potter (Daniel Radcliff) et Dmitri Chostakovitch


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