daniela dessi

  • Potins…

     

    · Le moins que l’on puisse dire, c’est que les publicitaires de la Fnac ont commis une belle bourde dont elle se serait bien passé. Lors du contact, revue des adhérents de la Fnac Belgique, une promotion « Avec la Fnac, faites le tour du monde » propose une remise sur une sélection de livres du rayon « tourisme ». Relayant cette opération commerciale sur le site internet belge, le webmaster introduit, dans les deux langues nationales, le message publicitaire. Il se fait qu’à la lecture d’un même intitulé dans les deux langues, la remise accordée par le magasin est de 10% pour les flamands alors qu’elle n’est que de 5% pour les wallons !


     

    Blog Fnac remises adhérents



     

    Il s’ensuit une pluie d’articles dans la presse francophone accusant la direction du groupe de discrimination linguistique, de magasins à la solde des flamands et criant au scandale. Sur le net, des forums de discussions à la suite des articles sont d’une terrible virulence, d’un niveau de réflexion ridicule. Ils dévient rapidement sur le non-pays qu’est la Belgique, sur des propos intolérants et racistes, bref, la catastrophe ! 

    Mais si la formulation publicitaire de la Fnac est assurément maladroite et profondément désagréable, il faut savoir que les marchés du livre francophone et néérlandophone sont radicalement différents. Ce ne sont pas les mêmes fournisseurs, pas les mêmes prix, pas les mêmes marges et surtout, pas les mêmes quantités. Les prix de vente sont, en conséquence, très différents. Tout ceci n’excuse pas la maladresse de l’enseigne qui met désormais tout en œuvre pour corriger le tir. Rassurez-vous cependant, je travaille pour la Fnac depuis 20 ans et il n’y a pas de dérive communautaire en vue, la direction étant d’ailleurs essentiellement française ! Que ce raté serve de leçon à l’enseigne qui, décidément, mérite bien son qualificatif d’ « agitateur ». 

    · Tout autre chose ! L’OPL est obligé d’annuler le concert que devaient donner les très populaires Renaud Capuçon (violon) et Frank Braley (piano) ce samedi à 16H. Le site de l’OPL que vous pouvez consulter ici (http://www.opl.be/fr/main.html) précise que le violoniste a du renoncer à plusieurs concerts sur ordre de son médecin. Nous en saurons sans doute un peu plus dans la presse musicale des prochains jours. En attendant, les musiciens, adorés par le public liégeois, ont promis de revenir la saison prochaine. L’OPL prendra contact avec les détenteurs de billets pour les rembourser. Dommage !


     

    Blog Capuçon Braley



     

    · On connaissait bien la fameuse Chaconne pour piano seul de Sofia Gubaidulina dans l’extraordinaire version de la jeune Anna Vinnitskaja, bientôt en concert à Liège. Voici que la pianiste française Claire-Marie Le Guay sort un album entièrement consacré à la compositrice russe. Outre la Chaconne (1963) d’une ampleur dramatique formidable, on y trouve des œuvres, assez rares au disque, telles que les Musical Toys (1969), 14 pièces dans un style minimaliste, une collection de pièces pour piano pour enfants, ainsi que le Concerto pour piano et orchestre de chambre (1978) dont le tragique et le registre grave du piano est entouré de l’excellent Orchestre de chambre de Lausanne dirigé par Jean-Jacques Kantorow (pianiste remarquable par ailleurs) Comme toujours, la musique de Gubaidulina oscille entre l’esprit tragique post-soviétique (Chostakovitch n’est pas toujours très loin) et le mysticisme « consolateur » et insondable. Ce que Claire-Marie Le Guay a voulu comme un protrait dépasse, et de loin l’anthologie. Un jeu qui aborde tous les aspects du piano en le faisant sonner de manière symphonique, en lui donnant l’affect d’une caresse, et, surtout, un jeu à la fois charnel et d’une rare clarté. …A découvrir !


     

     Blog Le Guay



    · Les temps sont durs pour les divas et les grandes voix d’opéra. La célèbre soprano Daniela Dessi en a fait la dure expérience dans le cadre des répétitions de La Traviata de Verdi à l’Opéra de Rome. Ce n’est pas son chant ni sa voix qui est en cause, mais son physique. Le fameux metteur en scène Franco Zeffirelli a déclaré publiquement qu’elle était trop grosse et trop vielle pour incarner le rôle de Violetta, ce qui a profondément choqué la cantatrice et l’a poussé à quitter, furieuse, la répétition.  

    Ce n’est certes pas la première fois que des chanteurs se voient ainsi reprocher leur physique et leur âge. S’il est bien clair que la voix est cruciale dans le domaine de l’opéra, le théâtre impose, surtout aujourd’hui, une crédibilité des personnages. Il n’en a pas toujours été ainsi et, par le passé, il n’était pas rare de rencontrer des Mimi, Gilda ou autres Violettas qui auraient fait exploser la balance. Violetta est effectivement une jeune et belle femme qui doit imposer toute sa séduction et tout son désarroi à travers ses qualités physiques. On peut donc comprendre la volonté d’un metteur en scène de rester crédible auprès de son public (mais le débat pourrait être bien long et complexe au vu des mises en scène qu’on nous propose parfois et qui semblent mettre en valeur, à travers des productions parfois stupides, plus le metteur en scène que le compositeur et son librettiste) même si on doit regretter le manque d’humanité dans la formulation du propos. Le problème est aussi à solutionner au niveau des directeurs d’opéras qui doivent être capables de discerner la bonne personne pour le bon rôle. C’est aussi leur métier qu’ils doivent appliquer dès les négociations en vue de la signature d’un contrat.


     

    blog violetta daniela_dessi



     

    · Et pour terminer, une histoire drôle qui vous détendra, j’en suis sûr, pour tout le week-end. Et justement, elle n’est pas si éloignée du paragraphe précédent. 

    Le chef d’orchestre ordonne à ses musiciens :

    « Ouvrez la partition et notez à la mesure 58 : un demi ton plus haut. » 

    Les musiciens, étonnés :

    « Mais pourquoi donc ? » 

    Le chef d’orchestre :

    « Allez, ne posez pas de question. Ecrivez cela ! Et à la mesure 71, notez également un demi ton plus haut … et à la mesure 96, un demi ton plus bas ! » 

    Les musiciens n’y comprennent rien mais notent sagement.

    La cantatrice demande alors au chef si elle doit également noter les modifications. 

    Et le chef lui répond :

    « Non, pas vous, vous, chantez exactement comme hier ! »

     

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