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  • Le prix de la vie

     

    Il nous paraît impensable de donner un prix à la vie d’un être humain. Notre monde, pourtant matérialiste et dominé par l’argent, n’a pas encore franchi le pas de réduire l’homme à une somme d’argent. Pourtant, si nous y réfléchissons, nous n’en sommes plus très loin.

     

    Les entreprises parlent de leur masse salariale comme un poste à réduire au maximum. Le travail est donc, et c’est normal, estimé sur la base première de ce que rapporte un travailleur par rapport à ce qu’il coûte. Ce que l’entreprise a le devoir de maîtriser pour assurer sa survie ou son augmentation de profit, la sécurité sociale de certains pays commence à l’exploiter également. On connaît sur ce sujet les nombreuses difficultés que rencontrent les américains pour accéder à des soins de santé corrects.

     

    Il existerait ainsi un montant standard international, selon le Times, du prix d’une année de vie correcte. Les systèmes d’assurance maladie considèrent donc que si vous tombez gravement malade et que les frais médicaux dépassent 50 000 dollars (32 000 euros) sans la garantie de vie « confortable » pendant un an, ils ne rembourseront pas la somme mise en jeu. Tout simplement choquant pour nous qui bénéficions encore d’une sécurité bien plus avantageuse, ce système prétend prendre comme étalon financier le traitement de la dialyse des reins. Oui mais voilà, une étude de l’université de Stanford, menée sur de nombreux malades dialysés en attente de greffe, contredit le montant proclamé par les compagnies d’assurance.


     Salle d'opération

    Les spécialistes prouvent qu’un traitement de ce type coûte 129 000 dollars (82 000 euros).pour une vie de qualité d’un an. Encore faudrait-il définir ce qu’est une vie de qualité, mais passons… ! Toujours est-il que les médecins de ces assurances qui créent un débat sans pareil aux Etats-Unis, estiment désormais si le traitement est nécessaire et approprié…et la question de coût se retrouve en première ligne. Remarque significative, ils sont partisans d’un montant plafonné à 50 000 dollars, on n’est pas sauvé. La santé de l’être humain se réduit donc à une simple comparaison entre le coût et le bénéfice. A ce train là, on peut se demander si, un jour, le droit de vie ou de mort sur les assurés ne leur sera pas accordé en fonction de leur rentabilité.

     

    Ouf ! nous sommes loin de ce système là…pour l’instant ! Les organismes de remboursement des soins de santé (mutuelles, assurances, …) se trouvent dans de graves difficultés financières depuis de nombreuses années. Les causes en sont simples ; les gens vivent plus longtemps et les soins médicaux sont de plus en plus performants. Mais qu’arriverait-il s’ils venaient à tomber en faillite ? Le casse-tête est énorme et déterminant. Le débat est profondément éthique et délicat dans un monde en pleine crise économique et motivé essentiellement par l’appât du gain.


     Médicaments

    En poussant loin le pessimisme, on pourrait imaginer de laisser mourir une part des patients sans les soigner et de verser à leur famille une indemnité moindre bien sur que le prix du traitement évité. N’est-ce pas déjà ce qui se passe lorsqu’un soldat se fait tuer en Irak ou en Afghanistan ? Alors, la vie n’a pas de prix ? L’adage populaire et apaisant n’est pas loin d’être démenti…

     

    Evidemment, ce processus ne s’appliquera qu’aux pauvres car les autres auront les moyens de subvenir à leurs besoins sans l’aide des hypothétiques assurances. Mais cessons de nous lamenter sur notre pauvre sort d’occidentaux nantis. La réalité du monde est bien plus dure et ce que je dénonce n’est rien à côté de la condition des habitants des pays du tiers-monde (en passe d’ailleurs de devenir le « deux tiers-monde »). Là la médecine n’existe pas, si vous tombez malade, tant pis, il n’y a pas d’assurance. Il y en aurait même que personne ne pourrait s’en offrir. La pauvreté s’exprime aussi ainsi.


     Tiers-monde

    Ce n’est pourtant jamais en regardant un malheur plus grand que le sien qu’on parvient à solutionner les nôtres, cependant, nous devons viser à élever les plus pauvres sans distinction de race, de religion ou de mode de vie à un niveau de vie décent. L’évolution de la morale nous a déjà appris l’inutilité de l’acharnement thérapeutique et l’importance de la contraception. Elle tente aujourd’hui de nous faire réfléchir sur l’obligation de la dignité pour tous…elle devra aussi, et ce n’est pas gagné, nous apprendre que la vie ne doit jamais avoir de prix !

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