environnement

  • Refroidir la planète ?

     

    On ne parle que de cela et, ma foi, c’est un sujet qu’on pourrait qualifier de « brûlant » . La planète se réchauffe à une vitesse que les plus pessimistes des scientifiques de la fin du XXème siècle n’auraient osé imaginer. Il y a des bonnes nouvelles. L’Europe a réduit ses émissions de gaz de manière importante et compte bien poursuivre sur sa lancée. La sensibilisation va bon train et les médias diffusent, presque chaque jours, des exemples de maisons passives, de véhicules économiques et peu polluants et de diverses initiatives destinées à ralentir le fameux réchauffement.


     

    Pollution 1
     


     

    Tout cela est sans doute très bien pédagogiquement, mais la plupart des actes que nous pouvons faire pour l’environnement coûte beaucoup d’argent. Il suffit de comparer le prix des ampoules électriques traditionnelles avec les nouvelles (bientôt obligatoires). La prise d’assaut des stocks des magasins aux derniers jours de la vente légale des ampoules 100 watts  a montré que le citoyen est sans doute plus interpellé par l’état de son portefeuille que par celui de la planète. Et c’est vrai qu’il n’est pas à la portée de tous d’investir dans des panneaux solaires ou de nouvelles voitures ! Même les primes octroyées par les gouvernement (et dont la complexité des dossiers à remplir et le retard de financement découragent le citoyen non fortuné) semblent ne pas provoquer la prise de conscience attendue.

     

    Par contre, et paradoxalement, on n’a jamais vu autant de « grosses bagnoles » dans les rues. Les 4X4 et autres monstres de la route semblent un « must » pour une bonne part des frimeurs citadins. Même si Barack Obama a placé le dossier « environnement » parmi ses priorités, ce que l’administration Bush n’avait pas daigné faire, Les Etats-Unis, comme la Chine, l’Inde et le Japon restent les plus gros pollueurs de la terre. Alors, il est fort probable que nous ne parvenions pas à inverser la tendance et qu’il arrivera bien un moment où les effets deviendront insupportables pour toutes les populations humaines avec tous les risques annoncés (migrations, famines, maladies, cataclysmes, j’en passe et des meilleurs !)


     

    Pollution, nuage
     


     

    Alors, certains scientifiques ont cherché une solution de rechange, au cas où… Un article de l’AFP situe bien l’ampleur du problème (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gyKHigovi9pwftmQN7GwRnHNF66A)

     

    « Refroidir la planète" grâce à des procédés dignes de films de science-fiction: la démarche pourrait bien devenir le dernier recours si la lutte contre le réchauffement climatique échoue, mais elles est incertaine, et risquée.

     

    Présentée à Londres par la prestigieuse Royal Society, une étude sur la "géo-ingénierie" sonne comme une mise en garde avant de la conférence de Copenhague, où tous les pays de la planète tenteront de trouver un accord pour enrayer la hausse du thermomètre.

    Longtemps considérés comme de simples lubies, ces projets, souvent extravagants, reçoivent une attention de plus en plus marquée.

     

    "C'est une vérité désagréable à entendre mais (...) la géo-ingénierie et ses conséquences sont le prix que nous pourrions avoir à payer pour notre incapacité à agir sur le changement climatique", a expliqué le professeur John Shepherd, de l'université de Southampton, qui a présidé un panel de 12 scientifiques.

     

    Intitulé "Géo-ingénierie du climat: science, gouvernance et incertitude", le rapport de 81 pages passe en revue une série de projets, distinguant deux grandes catégories: ceux qui visent à "réguler" la chaleur venue du soleil et ceux qui visent à réduire le taux de CO2 dans l'atmosphère.


     

    Pollution Géoingénierie
     


     

    Dans la première catégorie, un foisonnement d'idées mais de très nombreuses questions, sur la faisabilité comme sur les coûts.

     

    Idées avancées : placer de gigantesques miroirs dans le ciel qui permettraient de renvoyer vers l'espace une partie du rayonnement solaire, couvrir d'immenses étendues désertiques avec un film réfléchissant, ou encore créer des nuages au-dessus des océans grâce à d'immenses pulvérisateurs installés sur des navires qui sillonneraient le globe.

     

    Autre hypothèse: lâcher du dioxyde de soufre (SO2) dans l'atmosphère pour atténuer la force des rayons solaires touchant terre, pour reproduire ce qui se passe lors d'une éruption volcanique de grande ampleur. Mais le phénomène pourrait avoir un impact sur la couche d'ozone et modifier sensiblement les modèles de précipitations.

     

    Certaines de ces techniques pourraient, en théorie, faire baisser les températures assez rapidement. Cependant, souligne le rapport, elles ne permettraient pas de faire baisser la concentration de CO2, qui engendre - entre autres - une dangereuse acidification des océans.

    Les scientifiques affichent leur préférence pour les techniques permettant de retirer du CO2 - l'un des principaux gaz à effet de serre - de l'atmosphère, jugeant que celles qui sont "sûres, efficaces et abordables" financièrement pourraient être mis en oeuvre.

     

    La construction d'immenses tours à travers le monde pour "capturer" les molécules de CO2 présentes dans l'air apparaît faisable techniquement mais pose, entre autres, la difficile question du stockage.

     

    Plus critiques, les scientifiques évoquent la "fertilisation" artificielle des océans, qui consiste à épandre du fer dans l'océan pour stimuler la production de phytoplancton. Le procédé ne serait, a priori, pas très onéreux, mais son efficacité est douteuse et les risques d'impacts sur les écosystèmes marins très élevés (explosion d'algues par exemple).

    Autre proposition, originale: peindre en blanc toits, routes et trottoirs pour refléter les rayons du soleil. Avantages ? Simple, sans danger. Inconvénients ? Ne ferait baisser la température que localement, dans les villes très chaudes, car le procédé serait insuffisant pour faire baisser la température moyenne de la planète.

     

    "Aucune des technologies de géo-ingénierie évoquées à ce jour n'est une baguette magique et elles présentent toutes des risques et des incertitudes", a conclu Shepherd.


     

    Pollution apprenti sorcier
     


     

    On se souviendra sans peine de l’histoire de l’Apprenti sorcier de Goethe (des Zauberlehrling, 1797), si bien mis en musique par Dukas et en images par Walt Disney dans Fantasia. Faire appel à la magie pour éviter de se fatiguer à la tâche est tentant, mais vraiment dangereux. Si, en plus d’avoir gâché la planète terre, ses habitants se mettent au service des sorciers modernes, je ne donne pas cher de notre avenir. A suivre…

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