examen

  • La tête bien pleine… ?

     

    En cette période de préparation des examens de fin d’année, les élèves et étudiants plongent dans leurs cahiers pour revoir les matières enseignées durant la période scolaire qui s’achève. Même s’il reste encore quelques semaines avant les épreuves, il est temps de s’organiser et d’utiliser une méthode de travail efficace.

     

    C’est malheureusement de cette efficacité souvent absente que j’aimerais dire un mot aujourd’hui. Comme chaque année, je reçois à la Fnac des étudiants en musique qui viennent sur le tard chercher une interprétation de ce qu’ils doivent jouer lors de leur concours. Ce qui me surprend toujours et me laisse sceptique quant à la pleine réussite de leur année est l’indifférence qui accompagne leur préparation. Beaucoup des ces jeunes ne savent ni le titre de leur morceau, ni le compositeur qui en est le coupable… ! Non, je n’exagère pas…ils viennent avec une feuille photocopiée sans nom et sans titre. Quand je les interroge sur le pourquoi de cette méconnaissance, ils disent seulement que ce n’est pas écrit sur leur partition !

     

    Ce n’est bien sur pas la totalité des élèves qui agissent ainsi, mais les cas extrêmes cachent des problèmes tout aussi fondamentaux mais plus vicieux. Ainsi les enfants qui étudient pour leurs examens de solfège. J’ai déjà mentionné il y a quelques mois les problèmes de la battue de la mesure qui empêchent une lecture équilibrée et régulière de la partition. C’est plutôt la théorie de la musique que je voudrais évoquer aujourd’hui. La plupart des enfants…et des adultes aussi d’ailleurs, n’ont pas la moindre conscience des raisons pour lesquelles ils doivent étudier la théorie musicale. Il faut croire que, dans le cadre des cours, on n’évoque pas assez cette matière, la laissant toujours pour plus tard, mais, plus grave encore, on ne la présente pas dans un contexte musical. C’est comme s’il s’agissait de quelque chose qui n’a rien à faire avec le chant et la pratique instrumentale.


     Théorie de la musique

    Je crois, au contraire, que la théorie doit être abordée dès le plus jeune âge et faire partie intégrante de tous les cours. En effet, étudier la matière théorique en regard des œuvres que l’on joue ou des morceaux que l’on chante permet de mieux comprendre le langage musical et le fonctionnement des phrases, des carrures, des intervalles, des tonalités, des rythmes, …

     

    Apprendre la théorie en regard de la musique, c’est se familiariser avec le discours des compositeurs. Il faut dire d’ailleurs que l’enseignement général fondamental, n’aborde la théorie de la langue maternelle que trop tard à mon goût. Je ne suis pas un spécialiste de la pédagogie scolaire, mais il suffit d’observer. Les enfants ont presque toujours une orthographe lamentable (même lorsqu’il s’agit d’appliquer les règles théoriques), ils sont malhabiles pour construire des phrases convenables et équilibrées, ils ont de la peine à savoir ce qu’est un sujet, un verbe, des adjectifs, des propositions subordonnées, … !

     

    Les pédagogues qui travaillent sur les programmes scolaires auraient-ils oublié que la théorie est faite pour être appliquée naturellement dès les prémisses de l’apprentissage ? Aurait-on perdu de vue que savoir ce que l’on fait est préférable à la répétition par cœur de principes dont on ne soupçonne pas l’utilité ? J’ai pourtant toujours expérimenté les rapports entre la compréhension et la mémorisation. Comprendre, c’est apprendre et je crois que c’est universel. Vous aurez beau étudier par cœur toutes les formules mathématiques possibles et imaginables, si vous n’en avez pas compris la fonction, cela ne sert à rien et ce savoir sera inutile et de courte durée.


     étude laborieuse

    Par contre, il vous arrivera de pouvoir déduire certaines données de votre propre réflexion grâce à une théorie bien assimilée et comprise à fond. Je me souviens d’un cours d’histoire de la peinture à l’université. La matière était immense et l’examen oral consistait en l’identification d’une œuvre prise au hasard dans l’histoire. Beaucoup d’étudiants avaient étudié par cœur les titres des œuvres et les données qui les concernaient en espérant « tomber » sur une peinture familière. Ce n’était évidemment pas ce qu’il fallait faire. Le professeur, plus rusé, attendait une déduction de style, de sujet, d’époque et, in fine, d’auteur (il n’avait cependant pas enseigné les techniques d’analyse durant ses cours !). Ceux qui avaient compris ce principe s’épargnaient de fastidieuses heures d’étude ridicule. J’avais, pour ma part, eu la chance d’être séduit par les principes de la critique historique, de l’analyse et d’un professeur de musique qui préconisait la conscience et l’assimilation des matières périphériques. Cela m’évita bien des soucis et je pratique, encore aujourd’hui, ces techniques d’apprentissage plus rapides, plus émouvantes donc conservables, applicables et donc transposables dans la durée.


     enfants en classe

    Pour en revenir à la musique, n’oubliez jamais que la musique que vous jouez a une histoire et que la connaître un peu est utile pour son style et son expression. La théorie de la musique aidera à la bonne compréhension du langage inscrit sur la partition. Peut-on imaginer un acteur qui ne comprendrait rien au texte qu’il déclame ? Comprendre, c’est le premier pas vers la connaissance. En utilisant la bonne méthode de travail, on se prépare non seulement à gagner du temps, mais aussi à emmagasiner des données à long terme qui nous seront toujours utiles dans la vie. Il faut toujours préférer la tête bien faite à la tête bien pleine… !

     

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