gilbert sinoué

  • L’enfant de Bruges


    Acquis dans la boutique du musée, un peu par hasard, il y a quelques jours après la visite du département d’Art ancien des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, ce roman fiction de Gilbert Sinoué, que je citais dans le billet d’hier, L’enfant de Bruges (Folio,1999), m’a tenu en haleine durant les derniers jours de mes vacances.

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    Gilbert Sinoué, même s’il n’est plus utile de le présenter, est né en 1947 au Caire. Après des études chez les Jésuites, il entre à l’École normale de musique de Paris et étudie la guitare classique, instrument qu’il enseignera par la suite. Parallèlement à son extraordinaire carrière de romancier, il est aussi scénariste et dialoguiste. Ses romans sont remplis de l’Histoire et les intrigues qui s’y développent sont entrelacées dans des faits véridiques où évoluent les vrais personnages qui en côtoient de fictifs. Et les palpitantes aventures des héros, menées de main de maître en animant un suspens haletant, sont également remplies de réflexions philosophiques, esthétiques et spirituelles.

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    C’est bien dans cet esprit que L’enfant de Bruges nous plonge dans le XVème siècle artistique. Dans le monde des peintres flamands, des sculpteurs et des architectes italiens. Il y est question des grands traités esthétiques de l’époque qui expriment les nouvelles idées, celles de la Renaissance, celles qui remettent en valeur l’Homme, l’humanisme et qui décide bientôt de relire les Écritures au regard de la critique. Les Beaux-Arts en sont métamorphosés. Le génie de Hubert et Jan Van Eyck, de Petrus Christus, de Rogier van der Weiden, de Donatello, de Filippo Brunelleschi et de Lorenzo Ghiberti est magistralement mis en évidence dans un contexte politique remarquable occupé par le début des grandes découvertes géographiques et l’attrait de richesses nouvelles. On y voit se nouer une rivalité formidable entre le duc de Bourgogne, l’employeur de Van Eyck, et les Portugais forts de leurs découvertes. On y rencontre Cosme de Médicis en personne qui, humaniste et protecteur des arts, n’en est pas moins un redoutable financier.

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    L’enfant de Bruges, c’est l’histoire de Jan, fils adoptif et aimé de Van Eyck qui, adolescent, apprend la vie du monde à travers une cabale politico-religieuse dont il fera les frais, certes, mais dont il triomphera en parvenant, devant les grands de ce monde, à élucider le mystère dévastateur qui menace la gilde des artistes et la ville de Florence toute entière. Vous en dire plus ôterait le plaisir de découvrir un ouvrage qui se dévore à la vitesse de l’éclair. Remarquablement structuré, documenté à souhait (j’ai vérifié, durant la lecture, plusieurs faits historiques que j’ignorais) et écrit avec une rare fluidité, ce magnifique roman devrait vous plonger avec ravissement au cœur d’une époque d’une richesse humaine incomparable. Mieux encore, il vous entraînera dans une réflexion sur l’art et ses buts, sur ses moyens et ses techniques. En bref, il vous fera comprendre les enjeux du passage entre le Moyen-âge et la Renaissance. Pas mal non ?

    À découvrir absolument…! Et pouquoi ne pas y associer la musique de l'époque pour avoir un panorama complet des arts...?

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