hartmann

  • Bravo !



    Je parlais récemment de nos nombreux talents musicaux qui méritent notre soutien et de la volonté des Concerts de l’U3A d’offrir une scène et un public aux jeunes musiciens de chez nous. C’était exactement le but du concert de mercredi soir. Une semaine vraiment très occupée ne m’a pas laissé le temps d’en parler plus tôt, mais c’est avec passions et chaleur que je reviens sur une prestation qui restera dans les annales de nos concerts.

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    Photo Miryam Noben



    Thomas Waelbroeck, jeune et talentueux pianiste de 23 ans présentait pour la première fois de sa vie un récital complet. C’était un honneur de l’accueillir pour cette aventure qui, j’en suis sûr, sera le point de départ d’une belle carrière. Je connaissais Thomas depuis quelques temps déjà. Il figurait parmi les étudiants du Conservatoire qui suivaient mes cours d’Auditions commentées l’année dernière et il avait déjà accompagné le violoniste Bertrand Lavrenov lors d’un concert en septembre 2013. Je l’avais ensuite retrouvé en mai 2014 lors du Concours de piano de Liège dont j’assure la présidence du jury. Sa prestation avait été formidable et il s’était classé parmi les lauréats, ce qui, vu le niveau élevé des candidats, était une prouesse.

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    Photo Miryam Noben



    Mais depuis le printemps dernier, je ne l’avais plus entendu et la métamorphose est très impressionnante. Irréprochable techniquement, d’une grande concentration, avec une vision parfaite des structures d’œuvres pourtant complexes et une sensibilité formidable, c’est un pianiste accompli qui s’est présenté à nous. Il faut non seulement le féliciter pour ce travail qui témoigne de sa détermination, de sa maturité et de sa passion, mais il faut aussi souligner la qualité du travail de ses maîtres, Étienne Rappe au Conservatoire royal de Liège et Pierre-Laurent Aimard à la Hochschule für Musik de Cologne où Thomas a été sélectionné pour recevoir l’enseignement du célèbre pianiste.

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    Photos Armand Mafit.



    Notre public, venu nombreux, n’a pas caché son enthousiasme face à un programme très varié et magnifiquement construit. Les Variations en fa mineur de Haydn, entre délicatesse, finesse et relents de Sturm und Drang. Thomas a montré, avec beaucoup de sobriété la justesse du ton de Haydn. on est émerveillé par la finesse de son toucher dans les passages les plus cristallins comme de sa force dans les moments agités. Une interprétation bien aboutie déjà.

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    Photo Miryam Noben.



    Venait ensuite cette sonate inconnue de Johann Peter Emilius Hartmann, ce compositeur danois, ancêtre de Thomas. Sa musique est le reflet d’une grande maîtrise des répertoires allemands. On y entend un mélange très original entre certaines sonorités qui font penser à Grieg, mais aussi à Brahms. Sa sonate en la mineur, très développée, grande forme romantique en quatre mouvements traditionnels (forme)sonate, forme lied, scherzo et final, est une œuvre tardive du compositeur qui laisse entrevoir ses méditations sur la vie et sur l’existence. le climat y est tantôt épique, comme une ballade nordique, tantôt plus méditative et mélancolique avec la merveilleuse mélodie de son deuxième mouvement, fantastique comme certaines pièces lyriques de Grieg dans le scherzo avant un retour du sentiment épique dans le final. Une magnifique découverte qu’il faudra approfondir.

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    Pour finir, le magnifique Tombeau de Couperin de Maurice Ravel, une œuvre vraiment maîtresse qui, sans en avoir l’air et en faisant semblant de jouer la fibre XVIIIème siècle, offre à l’auditeur attentif, toutes les finesses et le modernisme de l’harmonie ravélienne, tous les sublimes timbres qui font la couleur de son piano, toute la souplesse de son tempo et surtout, toute l’émotion, la mélancolie unique du compositeur français. Un moment d’une immense poésie où Thomas, tout en maîtrisant tous les paramètres de la musique, ne se laisse pas encore aller complètement. On sent que la pièce doit encore trouver le ton juste, dans la souplesse et les miroitements sonores et les émotions qui sont celles d’un homme à qui la vie n’a pas réservé que du bonheur. Et puis Maurice Ravel était un orchestrateur de génie et son piano suggère mille émotions de timbre à exploiter… toute sa vie !

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    Photo Miryam Noben



    Voici quelques photos souvenirs de ce superbe concert, moment de bonheur absolu. Thomas Waelbroeck, est un véritable espoir de la musique. Voilà un nom qu’il va falloir retenir et avec qui il faudra désormais compter. Mille bravos et merci !

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