idiophones

  • Les idiophones

     

    Non, il ne s’agit pas de la nouvelle insulte à la mode, mais d’une catégorie des instruments à percussion. Nous avions parcouru les caractéristiques des membranophones il y a quelques jours, nous poursuivons aujourd’hui avec les idiophones. 

    En fait, cette catégorie rassemble tout ce qui n’est pas cordophone (instruments à cordes), aérophone (instruments à vent) ou membranophone (percussions à peau ou membrane). Les idiophones sont composés de matières rigides végétales, animales ou minérales (bois, bambou, corne, métal, pierre, plastique, verre, …). Du grec « idio » qui signifie « soi-même », il est un instrument de musique qui produit le son par lui-même car le corps de l’instrument vibre ou résonne en entier et produit ainsi un son. C’est dans le cadre de la même définition qu’on le nomme également un « autophone ». 

    Ces instruments se classent selon leur mode d’émission sonore. Ils sont très nombreux et sont probablement les instruments les plus anciens du monde car ils ne demandent pas toujours une « facture » ou une lutherie. Il est en effet aisé de constater des variantes de sons produits par la percussion de pierres de différentes sortes et d’inégales grandeurs. Ils sont pratiqués dans toutes les cultures du monde et à toutes les époques. Ils sont donc, dans les nombreuses variantes imaginées par l’homme, les instruments les plus nombreux du monde musical. Au sein de l’orchestre symphonique, il se trouve beaucoup plus d’idiophones qu’on ne le croit parfois. En effet, certaines croyances populaires et certaines obédiences de l’organologie (étude des instruments) évoquent à peine leur utilisation au sein des grandes formations classiques et ne les mentionnent que dans le cadre des « musiques du monde ». 

    La première catégorie englobe les idiophones à émission par « pincement ». Le son est produit par une ou des languettes découpées dans le cadre de l’instrument, comme pour la guimbarde, ou fixées sur une plaque ou une boite. Dans le cas de la guimbarde, un résonateur externe peut y être adjoint, mais la bouche est généralement utilisée comme caisse de résonance.


     

    Idiophones guimbarde

    Guimbarde


    On peut ensuite parler d’idiophones à émission par raclement ou par friction. Ils sont munis d’un corps plein ou creux. Il peut s’agir d’une lamelle qu’on fait tourner autour d’un axe cranté comme dans le cas des crécelles ou d’un instrument longiligne que l’on gratte à l’aide des doigts de la main ou d’un objet. Les instruments à friction comprennent donc les verres musicaux ou le fameux harmonica de verre (Glassharmonica) pour lequel Mozart nous a laissé un vrai chef d’œuvre. La scie musicale entre également dans cette catégorie puisqu’on frotte la lame avec un archet. L’inclinaison (la tension, en d’autres termes) de la lame donne des sons plus ou moins aigus.


     

    Idiophone, Mozart Glassharmonica
     


     


    Les idiophones à émission par percussion directe sont très nombreux. Ils produisent un son lorsqu’ils sont frappés par l’intermédiaire d’un percuteur externe directement manipulé par un musicien. Les cloches percutées (tubulaires, en forme de tubes frappés par des marteaux), les xylophones, les marimbas, les triangles, les gongs, les cymbales suspendues, le woodblock, … sont très souvent utilisés dans les œuvres symphoniques de la fin du XIXème et du XXème siècle. Les instruments de cette catégorie qui sont en métal sont également nommés « métallophones » ce qui complique encore un peu plus la terminologie.


     

    Idiophone xylophone


    Xylophone

    Idiophone, triangle

    Triangle


    Idiophones, cloches tubulaires

    Cloches tubulaires


    Idiophones, gong

    Gong



    Mais il y a aussi les idiophones à émission directe par entrechoc. C’est le cas des instruments jumeaux dont les deux parties plus ou moins identiques viennent s’entrechoquer. Les cymbales et les castagnettes sont les plus fréquents au sein de l’orchestre.


     

    Idiophones, cymbales

    Cymbales


    Idiophone castagnettes

    Castagnettes


    Les idiophones à émission par pilonnement sont beaucoup plus rares dans nos orchestres. Ce sont, généralement, des bâtons de bois ou de bambous qui sont frappés sur la cuisse, sur le sol ou sur un élément dur (pierre, bois, …) afin de marquer le rythme. Le bâton des anciens chefs d’orchestre ainsi que celui qu’on frappe au théâtre pour annoncer le début du spectacle en sont directement issus. 

    Restent les idiophones à émission par percussion indirecte par secouement. C’est une catégorie très riche et développée. Elle regroupe les instruments qui produisent un son lorsqu’un mouvement leur est appliqué. Des percuteurs internes ou externes viennent frapper le corps de l’instrument. On distingue toutes les formes de grelots (avec une grenaille placée dans le corps fermé de l’instrument), les maracas, les hochets (pas seulement pour les bébés !), les sonnailles (filet de petits éléments qui s’entrechoquent lors de la secousse), les cloches à battants internes (cloches de vaches, d’églises, …) ou externes munis d’un mécanisme à clavier (carillons). La liste n’est évidemment pas exhaustive et les musiciens redoublent d’ingéniosité pour créer de nouveaux univers sonores. Les cloches à battants sont parfois utilisées dans les orchestres symphoniques. La onzième symphonie « 1905 » et la treizième « Babi Yar » de Chostakovitch, par exemple, en font un usage dramatique en symbolisant le glas.


     

    idiophones grelots

    Grelots


    Idiophones, maracas


    Maracas

    Idiophones, cloche à main

    Cloche à main


    On l’imagine aisément, les percussionnistes d’un orchestres doivent pratiquer tous ces instruments. Ils se répartissent la tâche et c’est vrai que les rôles principaux (timbales, caisse claire, grosse caisse et cymbales) sont souvent tenus par les mêmes musiciens qui en font leur spécialité. Pourtant, ils doivent être capables, si le besoin s’en fait sentir, de jouer tous les autres instruments et de faire preuve d’imagination pour se rapprocher de la sonorité désirée par le compositeur et le chef d’orchestre. Ainsi, ils sont amenés à modifier les instruments, à se débrouiller pour dénicher la perle rare qui pourra créer le son voulu. C’est un métier fascinant et très riche mais très exigeant, au même titre que chaque pupitre de l’orchestre. 

    Il nous restera encore à évoquer les cordophones, instruments à cordes, qui ne font pas partie de la famille des violons, comme la harpe, le piano, la guitare ou la mandoline qui interviennent, eux aussi, de manière plus ou moins fréquente au sein de l’orchestre, avant, sans doute d’aborder la voix dans tous ses états dans le courant de l’année 2010, ce sera l’occasion de créer une nouvelle catégorie au sein du blog.

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