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  • Et la musique alors ?



    Impossible d’imaginer un été sans musique, évidemment ! Alors pour ceux qui auraient de la peine à trouver l’inspiration, voici quelques idées de musiques à consommer sans modération. La liste n’est évidemment pas exhaustive, mais, en ce qui me concerne, j’aime prendre le temps de bien assimiler quelques œuvres choisies en y revenant très régulièrement tout en picorant à droite et à gauche à la recherche de révélations… la musique est tellement vaste !

    Avec le temps et mon métier qui m’amène à écouter beaucoup de musique, j’ai pris l’habitude, non pas de tout écouter car c’est impossible (il faut tout de même dire qu’en cette période de crise du cd, il sort encore une bonne vingtaine de nouveautés et rééditions classiques par semaine, au lieu d’une centaine dans les bonnes années), mais de sélectionner rapidement ce que je réécouterai souvent. Car le danger est bien là. Combien de cd achetons-nous impulsivement ? Combien d’entre eux écoutons-nous régulièrement ? … Je vous laisse juge. Quand on a la chance de travailler dans un magasin de disques, on peut, plus facilement que les autres mélomanes, sélectionner ce qu’on va finalement acquérir… ce qui ne m’empêche tout de même pas d’avoir une discothèque bien (trop?) remplie… comme beaucoup des lecteurs de ce blog… d’ailleurs !

    Et bien on peut encore ajouter à ces collections déjà bien fournies deux sorties récentes qui méritent grande attention. D’abord un box de 20 cd’s (!) à prix doux reprenant les enregistrements consacrés à l’œuvre pour clavier de Jean-Sébastien Bach d’un pianiste fort peu connu mais vraiment extraordinaire, Ivo Janssen. C’est encore JPR qui avait attiré mon attention sur ce pianiste hollandais il y a quelques mois à propos de son Clavier bien tempéré.

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    Ivo Janssen est né à Venlo en 1963 et a étudié le piano avec Jan Wijn au Conservatoire Sweelinck d'Amsterdam. De 1986 à 1990, il a reçu de nombreux prix parmi lesquels le Prix Jacques Vonk, qui lui a permis de poursuivre ses études à l'étranger avec Robert Levin. Depuis ses débuts au Concertgebouw à Amsterdam en 1988, Ivo Janssen se produit régulièrement dans les Pays-Bas mais aussi en Allemagne, en France, en Italie, en Australie et aux USA. Il a joué avec des musiciens tels qu’Heinrich Schiff, Nobuko Imaiet Charlotte Margiono. Il a enregistré pour le label hollandais Globe de très beaux cd’s consacrés à Brahms, Prokofiev, Chopin et Hindemith avec les très rares Ludus Tonalis que l'Institut Hindemith  a considéré comme le meilleur enregistrement de l’œuvre.

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    Ivo Janssen




    C’est en 1994 qu’Ivo Janssen a commencé une série de concerts préparant un enregistrement des œuvres complètes pour clavier JS Bach. Le premier CD de cette série a été publié en février 1998, sur un label qui a été spécialement créé à cet effet. Aujourd’hui, le box complet offre l’une des plus belles visions pianistiques de l’œuvre du Cantor de Leipzig. En ne cherchant jamais à imiter le clavecin, en jouant sur le toucher, les articulations et le phrasé, Ivo Janssen parvient à une clarté, une limpidité même, rarement atteinte au piano.




    Mérite supplémentaire, ce coffret regroupe non seulement les œuvres virtuoses les plus connues comme les Variations Goldberg, les terribles Toccatas, les célèbres Suites françaises et anglaises, mais aussi les Inventions à deux et trois voix (bien utiles pour les jeunes pianistes… et les autres !) ainsi que tous les Petits préludes et préludes et fuguettes. Le sommet de l’art se trouve cependant dans les deux livres du Clavier bien tempéré qui, dans une autre optique que celle de Sviatoslav Richter (qui reste cependant et malgré des prises de position discutables et une prise de son lamentable ma préférée), parvient à convaincre absolument par la clarté de sa polyphonie et son phrasé. À écouter sans modération !

    Et puis, année Mahler oblige, je ne parviens pas à calmer mon ardeur lorsque je suis en présence d’une version d’une de ses symphonies qui me bouleverse. C’est le cas de la Troisième enregistrée en concert dans la salle du Concertgebouw d’Amsterdam en février 2010 par la meilleure phalange hollandaise, les Chœurs de la radio néerlandaise, le Chœur des enfants de Breda, l’excellente Bernarda Fink (mezzo-soprano), le tout sous la direction de Mariss Jansons pour le label local RCO Live.

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    Je n’ai qu’un mot à dire, au moment où je me prépare à vous donner le dernier volet du récit de cette gigantesque Troisième symphonie (voir les billets Mahler panthéiste 1, 2, 3 et bientôt 4), c’est que cette version rejoindrait bien les plus grandes réalisations en la matière. Tempi exacts, esprit adapté à chaque étape de la saga de l’univers mahlérien, orchestre exceptionnel de couleurs, de justesse, d’homogénéité, articulations parfaites, maîtrise de la dynamique, le tout au service d’une émotion qui me semble être en parfaite symbiose avec ce que le compositeur désirait et que nous sommes en droit d’attendre aujourd’hui. Il y avait bien (trop) longtemps que cette œuvre démesurée n’avait trouvé d’interprétation à sa mesure. Il faudra bien tout l’été pour la digérer.

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    Mariss Jansons




    Il me faudra encore finir de digérer la Deuxième symphonie d’Edvard Elgar, entreprise de longue haleine entamée il y a près d’un an, Il Trovatore de Verdi pour lequel je vais donner une conférence à la mi-septembre, quelques poèmes symphoniques de Liszt, et, finalement, des tas d’autres œuvres… quelle joie !

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