lavaux-sainte-anne

  • Vie de château!



    Profitant des premiers véritables rayons de soleil printaniers, le hasard d’une ballade nous a conduits hier après-midi, vers le très beau château de Lavaux-Sainte-Anne près de Rochefort, dans la Famenne, l’occasion de joindre une visite culturelle à la promenade au grand air. Et encore une fois, le constat est là, le patrimoine monumental et architectural wallon vaut vraiment la peine qu’on s’y arrête et qu’on prenne un peu de temps pour en mesurer toute la beauté.

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    Selon les indications historiques récoltées sur les nombreux panneaux didactiques disséminés tout au long du parcours de la visite, l’histoire du château a dû probablement commencer vers 1244, quand Jacques de Wellin (un patronyme tiré du village de Wellin tout proche) dit de La Vaulx, de la vallée, construit une tour, probablement la préfiguration du donjon actuel, au bord de la petite rivière, la Wimbe. Son objectif est alors de surveiller, caché dans la foret, la voie romaine Reims-Cologne et de s’y réfugier en cas d’attaque.

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    Aucun vestige de cette époque n’a été retrouvé. Cependant, on possède la preuve qu’une seigneurie, relevant de la Principauté de Liège, avait construit son bastion, là, à proximité de ce que nous nommons aujourd’hui la Province de Luxembourg.

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    En 1450, Jean II de Berlo, chevalier, membre du Conseil du Prince Évêque de Liège, construisit la forteresse médiévale. Sur un plan en losange, que le château actuel laisse encore clairement entrevoir, il érige un imposant donjon au nord et deux tours mineures à l’est et à l’ouest, reliées par des courtines. La tout sur ne sera construite qu’au début du XVIème siècle par le baron Reinold de Mérode qui fera de son rez-de-chaussée une prison. Le chemin qui mène à l’entrée principale est courbe ce qui empêche de défoncer la porte avec un bélier et l’édifice est entièrement entouré de douves. Les murs sont percés de meurtrières et d’archères permettant de couvrir tous les angles d’attaque.

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    Vers 1634, le château perd son caractère défensif et militaire au profit d’une habitation plus confortable. Jacques Reynard de Rouveroy, colonel d’infanterie sous l’empereur Ferdinand III, coiffe alors les tours de toitures cloches du plus bel effet et des lucarnes sont percées dans les couvertures en ardoise. Les courtines sont rehaussées et trois vestes corps de logis viennent s’y adosser.

     

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    Le salon de musique aux couleurs chaudes et agréables


    La courtine nord disparaît pour laisser entrevoir de la cour la superbe campagne avoisinante. Les encadrements de fenêtres et de portes, ainsi que les frontons trouvent leur origine dans les techniques et l’esthétique de la haute Renaissance italienne. Quant aux murs en briques rouges (sang de bœuf) de la cour intérieure, ils s’inspirent des nombreux édifices mosans de la même époque.

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    Vers 1730, Henri Joachim de Rouveroy, dernier seigneur de Lavaux, ajoute à l’aile sud une tourelle à cinq pans et un petit embarcadère. Quatre-vingts ans plus tard, le domaine est mis en vente et abandonné pendant 150 ans ! En effet, l’édifice avait été racheté en 1810 par des négociants de Stavelot qui n’avaient aucun moyen. Puis, en 1924, suite à une nouvelle vente, le château est morcelé et la superbe ferme adjacente fait l’objet d’une vente séparée.

     

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    Enfin, le château est cédé en 1926 aux « Demeures historiques », l’ancêtre de l’actuelle Association royale des demeures historiques et jardins de Belgique, fondée en 1934, qui en fait don aux « Amis du Château de Lavaux-Sainte-Anne », une ASBL présidée par la baronne Lemonnier qui restaure le château laissé en ruine. On en ouvre les portes au public et on y crée des musées consacrés à la vie locale dans le passé. Quant à la ferme, superbement restaurée elle aussi, elle devient un lieu d’événements privés et publics.

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    Enfin, pour mettre en valeur cet inestimable patrimoine architectural dans cet écrin de verdure et de terre rurale qu’est la Famenne, une « zone humide » a été aménagée aux abords du château. Marais, étang et prairies où le biotope est préservé autorisent, grâce à un parcours qui s’intègre lui aussi à la nature environnante, une jolie promenade dont la toile de fond reste le superbe ensemble architectural. … À (re)découvrir !... par beau temps !

     

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