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  • Légende urbaine

    « Le Père Noël est un personnage légendaire et mythique lié à la fête de Noël. Bien que la tradition du Père Noël ait des origines en Europe du Nord, il est popularisé aux États-Unis au XIXe siècle. Le terme « Père Noël » apparaît plus tardivement en France, au début du XXe siècle. Qu'il soit appelé Father Christmas ou Santa Claus en anglais, Weihnachtsmann en allemand, ou Père Noël, sa fonction principale est de distribuer des cadeaux aux enfants dans les maisons pendant la nuit de Noël qui a lieu chaque année du 24  au 25 décembre. » Wikipedia

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    Saint-Nicolas et le Père Noël




    Le Père Noël aurait pour origine Saint-Nicolas. On retrouve dans sa représentation toute la symbolique de Saint-Nicolas (barbe blanche, manteau rouge...). Le père Noël voyage dans un traîneau tiré par des rennes, Saint-Nicolas voyageait sur le dos d'un âne. Malgré la réforme protestante du XVIe siècle qui supprima la fête de Saint-Nicolas dans plusieurs pays d'Europe, les Hollandais gardèrent leur Sinter Klaas (nom hollandais pour Saint-Nicolas) et sa distribution de jouets. Lorsqu'ils s'installèrent aux États-Unis, Sinter Klass devint Santa Claus. Santa Claus subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial.

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    Le Père Noël en 1875 au Canada



    Mais le Père Noël n'est sans doute pas une invention américaine. On rouve des traces  du personnage et des cadeaux liés à ses visites en France et dans les pays européens depuis au moins le XVIème siècle. Toujours est-il que George Sand l'évoque clairement dans ses souvenirs d'enfance, alors qu'elle avait entre cinq et huit ans, vers 1808: "Ce que je n' ai pas oublié, c' est la croyance absolue que j' avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l' heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j' y trouvais à mon réveil.
    Minuit ! Cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas et qu' on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m' endormir avant l'apparition du petit vieux !
    J' avais à la fois grande envie et grand' peur de le voir : mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier, au bord de l'âtre. Quelle émotion me causait l'enveloppe de papier blanc, car le père noël était d' une propreté extrême, et ne manquait jamais d' empaqueter soigneusement son offrande. Je courais pieds nus m' emparer de mon trésor. Ce n' était jamais un don bien magnifique car nous n' étions pas riches.
    C'était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux que j' osais à peine le manger. L'imagination jouait encore là son rôle, et c' est toute la vie de l' enfant.

    Je n' approuve pas du tout Rousseau de vouloir supprimer le merveilleux, sous prétexte de mensonge. La raison et l' incrédulité viennent bien assez vite d' elles-mêmes. Je me rappelle fort bien la première année où le doute m' est venu sur l' existence réelle du père noël. J'avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j' éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit homme à barbe blanche.

    J' ai vu mon fils y croire plus longtemps ; les garçons sont plus simples que les petites filles. Comme moi, il faisait de grands efforts pour veiller jusqu' à minuit. Comme moi, il n'y réussissait pas, et comme moi, il trouvait, au jour, le gâteau merveilleusement pétri dans les cuisines du paradis; mais, pour lui aussi, la première année où il douta fut la dernière de la visite du bonhomme.

    Il faut servir aux enfants les mets qui conviennent à leur âge et ne rien devancer. Tant qu' ils ont besoin du merveilleux, il faut leur en donner. Quand ils commencent à s' en dégoûter, il faut bien se garder de prolonger l' erreur et d' entraver le progrès naturel de leur raison." (George Sand, Histoire de ma vie, tome 4, chapitre 11ème, page 80 à 82 de l'édition de 1856)



    Pourtant, l'auteur américain Clement Clarke MOORE écrivit en 1821 un conte de Noël pour ses enfants intitulé « The night before Christmas » (La nuit d'avant Noël ) dans lequel le Père Noël apparaît dans son traîneau tiré par des rennes:


    "C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
    A l'heure où tout est calme, même les souris.

    On avait pendu nos bas devant la cheminée,
    Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

    Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
    Les enfants sages s'étaient déjà endormis.

    Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
    Venions à peine de souffler la bougie,

    Quand au dehors, un bruit de clochettes,
    Me fit sortir d'un coup de sous ma couette.

    Filant comme une flèche vers la fenêtre,
    Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

    Au dessus de la neige, la lune étincelante,
    Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

    Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
    Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

    Dirigés par un petit personnage enjoué :
    C'était le Père Noël je le savais.

    Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.
    Et lui chantait, afin de les encourager :
    " Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !
    En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !
    Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
    Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! "

    Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
    Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
    Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
    Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

    Peu après j'entendis résonner sur le toit
    Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

    Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
    Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

    Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
    Etaient un peu salis par la cendre et la suie.

    Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
    Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

    Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
    Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

    Une petite bouche qui souriait tout le temps,
    Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

    De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
    Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

    Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
    Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

    Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
    Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

    Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
    Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

    Puis sans dire un mot, car il était pressé,
    Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
    Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
    Avant de disparaître dans la cheminée.

    Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

    Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

    Avant de disparaître le Père Noël cria :
    " Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "


    C'est encore ce même auteur rédigea un texte intitulé « A Visit From St Nicholas » (la visite de St Nicolas) qui parut dans le journal « Sentinel » de New York le 23 décembre 1823. Ce texte parlait de lutins qui distribuaient des cadeaux aux enfants par la cheminée et se déplaçaient dans une carriole tirée par 8 rennes (répondant aux noms de Blitzen, Dasher, Dancer, Comet, Cupid, Donder, Prancer et Vixen). Un neuvième renne fut rajouté en 1939: Rudolf, qui fut chargé d'éclairer le chemin du père Noël grâce à son « nez rouge lumineux ». Le récit fut traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

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    Père Noël, Gravure de Thomas Nast parue dans Harper Illustrated Weekly, 1881




    En 1863 « Harper's Illustrated weekly », le journal New-Yorkais, rêva Santa Claus d'un costume garni de fourrure blanche et portant un large ceinturon de cuir. Le dessinateur Thomas NAST en fut l'auteur. Pendant près de 30 ans, Thomas NAST représenta, dans ce journal, Santa Claus ventru et jovial, à la barbe blanche et accompagné de rennes. C'est en 1885 que l'illustrateur de ce journal dessina le parcours du Santa Claus qui va du Pôle Nord aux États-Unis; sa résidence était ainsi officiellement établie ...


    Illustration de couverture l'édition de McLoughlin Bros, en 1869.jpg


    Un an plus tard, l'écrivain Georges P. WEBSTER précisa que la manufacture de jouets ainsi que la maison du père Noël « étaient cachées dans la glace et la neige du Pôle Nord » confirmant par cette affirmation les dessins de NAST. Mais il est fort probable qu'en raison des changements climatiques qui affectent le Pôle Nord, le Père Noël ait été amené à « délocaliser » sa résidence et ses ateliers de fabrication...!


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    L'idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est une légende. Une étude de la représentation du Père Noël dans les années précédentes montre en effet que l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui était déjà répandu, y compris sa couleur rouge, utilisée dès 1866. Avant Coca-Cola, de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme par exemple le fabricant de stylos Waterman en 1907, le manufacturier de pneumatiques Michelin en 1919 ou le fabricant de savon Colgate en 1920. Par contre, il est vraisemblable que Coca-Cola a largement contribué à fixer l'image actuelle. La firme Américaine a eu le génie de demander à Haddon SUNDBLOM de dessiner ce vieux bonhomme (dont la renommée grandissait là-bas) en train de boire du Coca Cola pour reprendre des forces pendant la distribution de jouets. Ainsi les enfants seraient incités à en boire durant l'hiver. Le dessinateur l'habilla aux couleurs de la célèbre bouteille de Coca Cola: rouge et blanc. Ce nouveau look et la renommée que lui valut la publicité, firent du vieux bonhomme le maître planétaire de la nuit magique, le Père Noël.


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    Il y eu bien quelques mouvements de protestation de la part des Catholiques contre cette envahissante popularité, la nuit du 24 au 25 décembre étant à l'origine celle de l'enfant Jésus. Certaines manifestations allèrent même jusqu'à brûler l'effigie du « Père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien que celui-ci ait déjà été présent depuis quelques dizaines d'années, mais tout rentra dans l'ordre au fil du temps.

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    Le Père Noël en Chine




    Aujourd'hui, le Père Noël est également utilisé le 25 décembre, dans des pays n'ayant pas de tradition chrétienne, tels que la Chine, comme outil de vente et comme occasion de faire des cadeaux, de décorer la ville et de réunir la famille.Quoiqu'il en soit, l'arrivée du Père Noël reste magique pour tous et symbolise tout notre attachement à notre famille et à nos proches ...

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