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  • Lectures d’été



    Chaque année, à l’approche des vacances, je rassemble quelques ouvrages accumulés depuis quelques mois dans l’espoir d’enfin pouvoir les lire. Il s’agit bien souvent de romans qui touchent, d’une manière ou d’une autre, à la musique, aux arts ou aux sciences humaines et que certains chroniqueurs m’ont convaincu d’acquérir ou encore que des connaissances m’ont conseillés.

    Mais avant de faire quelques escapades dans le monde de la fiction, il faut d’abord lire le très bel ouvrage que Stéphane Dado, Christine Ghyselings et Jean-Pierre Rousseau viennent de faire paraître sur l’histoire de  l’Orchestre philharmonique royal de Liège.

    En conclusion et en guise de bouquet final de cette riche saison anniversaire au cours de laquelle l’Orchestre fêtait ses 50 ans et comme pour compléter le magnifique coffret de 50 cd’s paru en novembre 2010, « L’Orchestre philharmonique royal de Liège, 50 ans au cœur de la Cité (1960-2010) » est comme une cerise sur le gâteau. Il retrace avec force détails les grandes étapes de la vie de l’orchestre, de ses musiciens, de ses chefs d’orchestre, de ses répertoires et de leur évolution, des grandes orientations artistiques et des politiques culturelles non seulement au sein de la ville mais aussi plus largement en Belgique et dans le monde entier.

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    Si le liégeois n’a pas oublié les grands succès de son orchestre à travers de prestigieuses tournées mondiales et des enregistrements légendaires, le livre ravive magnifiquement les souvenirs par une documentation très riche, des photos inédites provenant des archives de l’orchestre et de collections privées. Le texte, très lisible et accessible à tous, s’impose par sa qualité et son efficacité sans s’égarer dans de longues digressions inutiles. Autant dire que le livre de l’OPRL devrait figurer, à côté du coffret cd chez tous les passionnés de musique. À acquérir au plus vite… !

    On ne quitte pas tout à fait l’OPRL avec le deuxième ouvrage que je lirai cet été puisqu’il a été l’objet d’une chronique de Jean-Pierre Rousseau sur son blog, il y a quelques mois (http://rousseaumusique.blog.com/2011/03/02/lamour-vache/) . J’ai en effet hâte de me plonger dans le roman policier de Morley Torgov, Meurtre en la majeur (Actes Sud). Une énigme qui nous plonge au cœur même de l’Allemagne romantique, autour de Robert et Clara Schumann, de Franz Liszt et de Johannes Brahms. D’après JPR, tout dans le récit est plausible historiquement et finement ficelé… À lire le quatrième de couverture, on se réjouit d'avance: "Dans l'Allemagne du XIXe siècle, les compositeurs étaient ce que sont les rock stars aujourd'hui : célèbres, courtisés, jalousés, entourés d'admirateurs et d'ennemis.
    Alors, quand un des nombreux parasites qui constituent l'entourage de Robert et Clara Schumann est assassiné dans d'étranges circonstances, l'inspecteur Hermann Preiss de Düsseldorf tente de résoudre le mystère, ainsi que l'énigme d'un la qui s'obstine à sonner faux sur le piano de M. Schumann ou à lui bourdonner aux oreilles tel le plus terrible des acouphènes- Sur ce la, les avis des témoins sont partagés : Liszt, Brahms, Helena, la belle violoncelliste amie de Preiss, Hupfer, l'accordeur des plus grands, chacun a quelque chose à en dire, ou à se reprocher.
    Avec un humour subtil, Morley Torgov nous balade dans les cercles musicaux et les soirées de Düsseldorf. Belles femmes et bijoux, jeunes arrivistes tel Liszt drapé dans sa cape noire, journaliste prêt au chantage, tout cela est vu par les yeux et raconté par la voix de l'inspecteur Preiss, vieux routard des rues sordides et des bassesses de l'âme humaine. L'accordeur est-il honnête ? Clara aurait-elle un amant ? Robert ment-il entre ses crises de démence ? Comme dans les bons vieux polars en huis clos, les suspects sont en nombre restreint, mais ils le sont bien tous, surtout quand de nouveaux éléments permettent d'ajouter aux soupçons et que l'on découvre des raisons de complicité entre eux.
    Très finement, ce roman est basé sur la stricte réalité (hormis le crime) d'un milieu, d'une époque et de personnages essentiels dans l'histoire de la musique. voilà pourquoi Meurtre en la majeur est un livre hors norme"... J’ai hâte !

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    Et puis, une fidèle auditrice m’a conseillé la lecture de l’ouvrage d’un auteur grec (rien à voir avec la terrible crise financière qui plonge le pays dans les ténèbres !), Alexis Panselinos dont le titre m’a d’emblée intrigué : Zaïde ou le chameau dans la neige (traduit du grec par Henri Tonnet, Gallimard, 2001). L’auteur, âgé de cinquante-huit ans, l’un des auteurs les plus populaires en Grèce. Issu d'une famille d'écrivains, il débute sa carrière comme juriste tout en écrivant, à partir de 1982. Il est également reconnu comme l'un des meilleurs traducteurs en grec d'ouvrages en langue anglaise et allemande... Je suis curieux du voyage dans lequel va m'entrainer ce conteur hors-pair...!

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    Je me suis aussi promis d’enfin lire « Le Rendez-vous de Venise » de Philippe Beaussant (Livre de Poche) dont l’écriture parfaite et la culture artistique illimitée font de ses ouvrages des tours de force incroyables. A la mort de son oncle, Pierre découvre son cahier secret. L'oncle Charles, un érudit austère et passionné seulement par la peinture, évoque son amour pour une certaine Judith. Pierre part à la recherche de cette femme et découvre peu à peu son oncle sous un autre jour. Un roman qui navigue avec élégance entre une histoire d'amour et celle de la peinture.

     

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    Et puis il me restera encore pas mal d’ouvrages plus historiques et musicologiques en vue de la préparation des cours et conférences de la saison prochaine. Mais là, c’est une autre histoire… celle du quotidien de toute l’année… !

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