mélodie française

  • Mélodie française



    Plongé dans la mélodie française pour préparer la séance d’ « Écouter la musique » à la Salle philharmonique de mercredi prochain et pour étudier la vie et l’œuvre de Gounod en vue de la rédaction des programmes de l’ORW, je découvre cette citation de Paul Landormy, musicologue et critique musical français de la première moitié du XXème siècle. Parlant de Gounod et de son art de la ligne mélodique, il parvient à laisser sentir ce qui sera l’essence du chant français de la fin du romantisme. Une simplicité qui vise à faire comprendre un texte parfois mis à mal par une diction défaillante et par la véritable difficulté de chanter le français tout en en révélant toute l’expression sensible. Avec d’autres moyens, souvent plus de modulations harmoniques, de couleurs orchestrales et de sensualité, c’est encore ce que feront les vrais génies de la mélodie française, les Chausson, Duparc, Debussy, Ravel, Poulenc,…

    « La mélodie de Gounod volontiers s’arrondit et s’alanguit en des contours qui se dessinent avec lenteur, non sans une grâce heureuse. Elle s’élève facilement et plane sans effort. Elle se repose en des conclusions apaisées sans heurts, non parfois exemptes de quelque coquetterie ou de quelque préciosité, mais aussi, d’autres fois, dans la simplicité la plus unie. Elle touche le sens d’abord, mais elle va jusqu’à l’âme. Elle s’enveloppe d’un certain mystère, mais n’en reste pas moins baignée de lumière douce et tamisée. Le plus léger accompagnement, les harmonies les plus simples suffisent à l’assurer dans sa route. Elle ne vagabonde point à travers les tonalités, quoiqu’elle ne s’interdise pas quelques ingénieuses modulations ». Paul Landormy

    Le soir ramène le silence.
    Assis sur ces rochers déserts,
    Je suis dans le vague des airs
    Le char de la nuit qui s'avance.

    Vénus se lève à l'horizon;
    À mes pieds l'étoile amoureuse
    De sa lueur mystérieuse
    Blanchit les tapis de gazon.

    Tout à coup détaché de cieux,
    Un rayon de l'astre nocturne,
    Glissant sur mon front taciturne,
    Vient mollement toucher mes yeux.

    Doux reflet d’un globe de flamme,
    Charmant rayon que me veux-tu?
    Viens-tu dans mon sein abattu
    Porter la lumière à mon âme?

    Descends-tu pour me révéler
    Des mondes le divin mystère?
    Ces secrets cachés dans la sphère
    Où le jour va te rappeler?

    Viens-tu dévoiler l'avenir
    Au cœur fatigué qui t'implore?
    Rayon divin, es-tu l'aurore
    Du jour qui ne doit pas finir?

    Alphonse de Lamartine (1790-1869), Méditations poétiques

     

     

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