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  • Des pianos à Belle-Île !

     

    Il y a quelques jours, je me plaignais que les centres commerciaux situés à la périphérie des villes ne véhiculaient aucune des notions culturelles que le centre ville peut proposer. Comme pour contredire cette déclaration intempestive, voilà que la galerie commerciale Belle-Île en Liège propose, du 30 août au 18 septembre une exposition des pianos et clavecins de la célèbre maison belge Maene.

     

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    Non, vous ne rêvez pas, plus de trente pianos sont disposés le long de la galerie et tout le monde peut les admirer…gratuitement ! Et ces instruments sont souvent d’une beauté remarquable. Voici quelques perles de cette collection.

     

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    Quelques remarquables copies par Chris Maene de clavecins du XVIIème siècle du facteur anversois Ruckers ouvrent la visite. La notice explique que de nos jours, peu d’instruments du célèbre facteur sont encore jouables dans l’état d’origine. Chris Maene a donc voulu les copier dans leur état premier, en utilisant les techniques artisanales de l’époque. Résultat : de magnifiques pièces richement ornées aux couvercles peints en véritables œuvres d’art.

     

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    L’un des clous de la visite est incontestablement le très bel exemplaire du célèbre piano-forte viennois de Conrad Graf. L’instrument exposé date de 1826 et représente le piano romantique allemand par excellence. Beethoven, Schumann ou Brahms ont possédé et joué sur ce modèle. Le piano permettait une sonorité plus forte que les habituels instruments de l’époque et son timbre ainsi que sa mécanique séduisait les virtuoses.

     

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    Mais les facteurs d’instruments ont également rivalisé d’astuces pour créer des instruments originaux tout en gardant une qualité sonore à la pointe des progrès technologiques. Il va sans dire que les propriétaires de pianos, d’ailleurs pas toujours des pianistes, désiraient surprendre tout en intégrant l’instrument dans le mobilier de leurs salons. Ainsi, les pianos girafe, qui tout en permettant d’avoir la longueur des cordes du piano à queue en occupant beaucoup moins de place, offrent un design tout particulier et très élégant. Le modèle exposé date de 1815 !

     

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    Ainsi de cet étrange piano harpe ou harpe à clavier de 1890…

     

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    Ainsi également ce curieux piano cabinet de John Broadwood (facteur anglais très prisé de Beethoven) ou ce très beau piano vertical de Damekens fabriqué à Gand en 1840. Ce dernier fait partie de la première génération des fabricants belges. Son format très « meuble » fait penser à une bibliothèque.

     

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    Ces étranges instruments, à la technique peu fiables, furent détrônés par l’arrivée des pianos droits. Pas question cependant de négliger la décoration. Ce piano droit Gunther de 1885 est un exemplaire richement décoré de marqueterie. Le travail du fabricant tient ici autant la facture des instruments que de la réalisation de meubles d’art.

     

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    Pianos Erard. On connaît le rôle essentiel du facteur français dans l’histoire du piano. Cet exemplaire, daté de 1905, destiné à un salon XVIIIème siècle est fabriqué comme les meilleurs pianos de l’époque, mais conserve la décoration d’un clavecin afin de ne pas « dénoter » dans son environnement.

     

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    Très étrange également, cet instrument à deux claviers! Comme si ce n'était pas encore assez difficile de jouer avec un seul...! 1927... le compositeur et pianiste hongrois demande au facteur berlinois Bechstein de réaliser un instrument à deux claviers couplés qui permettent de jouer les octaves en enfonçant une seule touche... Il faut dire que les virtuoses étaient mis à l'épreuve par les oeuvres de haute virtuosité qui exigeaint bien souvent de grands traits en octaves.

     

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    Les pianos mécaniques ne sont pas oubliés. Le fameux pianola de Steinway & Sons en est un exemple célèbre. Son succès est dû aux rouleaux en papier, plus petits que ceux, en bois, des premiers instruments mécaniques. Désormais, tout le monde, à condition d’y mettre les moyens, pouvait posséder un instrument qui jouait tout seul. A l’époque où n’existaient pas encore la radio, le succès fut au rendez-vous. L’exemplaire proposé ici date d’un peu plus tard. Il est l’adaptation du fameux modèle Steinway O. C’est l’arrivée du tourne-disque en vinyle qui provoqua la disparition de cet instrument hybride, qui pouvait également être joué par un pianiste en chair et en os.

     

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    Pianos modernes, cherchant à intégrer les designs  du milieu du XXème siècle… comme ce beau piano droit Rippen dont le meuble suit la forme du cadre intérieur et, en conséquence, la longueur des cordes.

     

    Les pianos actuels ne sont pas oubliés puisque le piano à queue de concert Steinway & Sons est exposé et, hélas, le seul à être joué sur le lieu de l’exposition.

     

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    Les pianos digitaux de Yamaha et Roland terminent cette belle exposition.

     

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    De nombreuses activités y sont en outre proposées puisque des visites guidées sont organisées tous les jours, une rencontre avec le facteur et collectionneur Chris Maene, des conseils sur le choix d’un piano, des expertises gratuites ainsi que quelques animations musicales vous permettront de découvrir le monde et l’histoire des claviers. Voilà une heure de visite très heureuse que je ne peux que vous conseiller. Soudain, le centre commercial devient plus intéressant… Un seul regret, c’est qu’il ne soit pas possible d’entendre le son de ces 32 instruments… mais bravo pour l’initiative !

     

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