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  • Immersion totale …en « Schumannie ».

    Grand succès mercredi soir pour nos musiciens Walter Meessen et Marie-Claire Renier au concert de l’U3A ! C’était pleinement mérité. Dichterliebe de Robert Schumann est un cycle de mélodies vraiment bouleversant. Il y en a peu qui parviennent tout au long des seize pièces à maintenir une telle tension psychologique. On n’en perd pas une note.

    Schumann

     

    Il faut dire que le propos a de quoi tenir en haleine. Amours déçues, rondes obsessionnelles, pressentiments funestes, bref, un parcours initiatique au cœur de la folie d’un homme en pleine souffrance. On est partagé entre l’effroi, le rêve et le cauchemar,  la compassion, l’obsession, le refus, la tendresse, les larmes, … La langue que parle la musique de Schumann est toujours sincère et pathologique. C’est sans doute ce miroir de nous-même qui nous touche le plus par l’abondance des symboles fondamentaux qui aurait fait le régal de Freud.

    Dichterliebe

     

    La prestation a été à la hauteur des attentes du public que j’avais préparé à ce voyage difficile. La diction allemande de Walter est exemplaire. On comprend tous les mots. Sa voix pénétrante de baryton basse convient à merveille aux phrases de Schumann. Ses nuances de dynamiques soulignent une rhétorique musicale saccadée. La brutalité et l’exaltation tragique côtoient les douceurs les plus humaines et les tristesses sans fin. Sans jamais tomber dans le vulgaire, Walter chante avec toute la pudeur de son corps une musique qui l’habite.

     

    Que dire de Marie-Claire Renier … ? Une seule chose : je n’ai jamais entendu sonner si bien notre « mauvais » piano (donc, il n’est pas vraiment mauvais !). Elle a trouvé le ton juste, le toucher exact qui lui convient. Elle possède cette musique dans toutes ses nuances et les implications rhétoriques de tous les postludes prolongent, ajoutent et renforcent le propos. Chapeau !

     

    Le duo a de l’expérience. Ces deux là se connaissent de longue date. Lorsqu’ils font de la musique, ils ne font qu’un. C’est exactement cela la musique de chambre et le lied, c’est cela. Le public ne s’y est pas trompé. On a tous vécu un moment de toute grande émotion. Encore bravo et merci.

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