monnaie

  • Deux euros…




    N’étant pas numismate, je ne savais pas qu’une nouvelle pièce de deux euros avait été frappée à la fin du mois de mai par la Monnaie Royale. C’est une de mes collègues collectionneuse qui me l’a montrée car elle est directement liée à la vie musicale de notre pays.

    La partie intérieure de la pièce présente le logo du Concours Musical Reine Élisabeth de Belgique superposé sur une représentation du profil gauche de la souveraine, qui a créé le concours musical en 1937. Ce sigle, un E disposé en tête-bêche était le monogramme personnel de la reine Elisabeth (décédée en 1965). Bien souvent, pour créer le monogramme, plus communément appelé « chiffre » pour un souverain, d’un membre de la famille royale, on prend simplement la première lettre de son prénom que l’on double (dont celle à gauche est toujours renversée). C’est, ce sigle qui est également devenu celui du concours.

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    La marque du graveur (une plume) se trouve sur la gauche et la marque d’atelier (un portrait de l’archange Gabriel) sur la droite de la pièce. L’inscription « QUEEN ELISABETH COMPETITION » (concours Reine Élisabeth) forme un demi-cercle le long du bord inférieur de la pièce, les années «1937-2012 » marquant les 75 ans du concours étant inscrites le long du bord supérieur.

    Bref retour sur ce concours réputé à travers le monde : « En 1900, eut lieu une rencontre entre deux personnalités exceptionnelles; d’une part Èlisabeth von Wittelsbach, duchesse en Bavière, qui vient s’installer à Bruxelles en tant que jeune épouse d’Albert de Belgique, et qui pratique elle-même assez bien le violon, et d’autre part le violoniste liégeois Eugène Ysaÿe, qui se trouve à ce moment au firmament de sa carrière. Il enseigna au conservatoire de Bruxelles et se produisit partout dans le monde en tant que virtuose le plus brillant de sa génération. Quand Albert Ier monte sur le trône, la Belgique accueille une reine dont l’amour de l’art est une de ses caractéristiques par  excellence. En 1912, Ysaÿe est nommé Chef d’Orchestre à la Cour. Déjà début 1900, Ysaÿe conçut l’idée d’organiser un concours de musique international pour de jeunes virtuoses.

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    Le reine Élisabeth de Belgique jeune.



    Après la première guerre mondiale, la Reine Elisabeth lui exprime son intérêt pour l’organisation d’un tel concours, mais elle demande un certain délai de réflexion. Peu après la création de la Fondation Musicale Reine Elisabeth en 1931, Ysaÿe décède. A cause de la crise économique, de la mort inattendue du Roi Albert Ier, et peu de temps après de la Reine Astrid, sa belle-fille, tout grand projet artistique est suspendu provisoirement. Ceci durera jusqu’en 1937, lorsque le concours, nommé d’après Ysaÿe est tenu pour la première fois. Un jury international de niveau exceptionnel se montre très enthousiaste.
    Le nom prestigieux d’Ysaÿe, combiné à la renommée de la Cour Royale Belge, amène l’élite violonistique à Bruxelles.

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    Eugène Ysaye



    Le russe David Oistrakh sera le grand vainqueur de ce premier concours, ce qui en dit long sur la valeur musicale de l’événement. Le succès de cette première édition contribuera à la répétition d’un tel événement. Le concours, retransmis à la radio, conquit dès le départ un public fidèle. L’élément sportif, lié à la qualité artistique du concours n’y est peut-être pas tout à fait étranger. En 1938 déjà, une deuxième édition est organisée, cette fois pour le piano. C’est Emil Gilels, encore un russe, qui le remporte.

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    David Oistrakh.



    Le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale postposera l’édition suivante du concours  à l’année 1951. Le concours recevra alors définitivement le nom de sa protectrice. Il est non seulement reconnu comme étant le plus prestigieux, mais également le plus difficile au monde. Le concours est ouvert aux violonistes (depuis 1951), pianistes (depuis 1952), compositeurs (depuis 1953) et chanteurs (depuis 1988), qui à tour de rôle peuvent participer à ces 4 disciplines différentes. » (Monnaie Info, Magazine de la Monnaie Royale de Belgique, Mai 2012)

    Et je profite de cette incursion dans le monde du Concours pour vous donner quelques photographies de la séance de dédicaces au stand Fnac à la Salle philharmonique lors du concert des trois premiers lauréats de la session de violon de cette année le dimanche 10 juin. Les lauréats étaient, pour l'occasion, accompagnés par le Brussels Philharmonic Orchestra, dirigé par Michel Tabachnik. Au programme, trois grands concertos, Max Bruch, Félix Mendelssohn et Piotr Illitch Tchaïkovsky. De gauche à droite sur les photos, le russe Andrey Baranov, premier prix, le Japonais Tatsuki Narita, deuxième prix et la Coréenne Hyun Su Shin, troisième prix.


     

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