musicien de chez nous

  • Albert Pleyers



    Il y a bien longtemps, lorsque j’ai commencé mes études musicales à l’Académie de musique Grétry à Liège, j’avais eu la chance de rencontrer le directeur de l’établissement, Albert Pleyers, qui, en fin de carrière, plein d’expérience pédagogique et d’une rare bienveillance m’avait conseillé sur les choix de cours et professeurs. Car ce personnage faisait, semble-t-il, l’unanimité de ses collègues en matière de gentillesse, d’efficacité et d’amour de la musique.


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    Albert Pleyers (1916-2010)



    Les mélomanes qui fréquentent la Salle philharmonique (anciennement la salle du conservatoire) doivent se souvenir de Monsieur Pleyers et de son épouse qui ne rataient aucun concert et qui vouaient, depuis plus de cinquante ans, une véritable admiration à notre orchestre. Sa fille, Anne-Marie Pleyers, artiste peintre, m’a confié avoir le sentiment d’avoir littéralement grandi dans la salle liégeoise.

    Né à Dalhem le 4 avril 1916 de parents agriculteurs. Très tôt intéressé par la musique, suit des cours chez un professeur particulier dans son village natal puis dans une école de musique privée Jean Quitin à Liège et ceci en parallèle avec ses humanités au collège de Visé.

    José Quitin que j’ai encore connu comme conférencier à la Société liégeoise de musicologie, fils de Jean Quitin, professeur au conservatoire de musique de Liège et musicologue va beaucoup l’encourager dans cette voie; cependant la guerre le verra s’éloigner de la vie musicale pendant longues années de captivité en Allemagne.

    Après la guerre, le retour au pays sera marqué par son entrée au conservatoire de Liège où il obtient les premiers prix de solfège en 1946, d’harmonie en 1948, de fugue en 1952 et d’histoire de la  musique en 1953. Une vraie vocation d’enseignant le conduit à passer les examens organisés par le jury central, ce qui lui permet de donner des cours de musique dans plusieurs établissements (Jodoigne, Liège, Hannut…) pour enfin terminer à l’école normale de Verviers de 1955 à 1973.

    En 1954, le conservatoire de Liège fait appel à lui en tant que chargé de cours d’harmonie, professeur de solfège chanteur et instrumental et enfin de méthodologie et pédagogie.

    En 1970 il devient directeur de l’Académie de musique Grétry à Liège ce qui l’amène à prendre goût, vers 1970, à la composition tout d’abord en vue des concours de fin d’année (les directeurs des académies de musique et des conservatoires rédigeaient encore eux-mêmes les examens en composant des pièces très variées pour la circonstance) et ensuite par goût pour la musique de chambre. Il continue à composer pour des élèves plus ou moins avancés et pour de bons amateurs une musique séduisante, expressive et accessible.

    Imprégné par le style mélodique de Gabriel Fauré et de Fernand Quinet, la composition occupera une grande place dans sa vie. Et même si sa production n’est pas énorme, elle constitue pour lui, curieux de tous les mouvements créateurs, un véritable plaisir. Il aborde des domaines très variés: le chant, entre autres des mélodies sur des poèmes de P. Valéry et de son ami Louis Daumier, le piano, le violon, la trompette, le violoncelle…sans oublier l’accordéon, le piano du pauvre, qu’Albert Pleyers avait pratiqué par le passé lorsque pour payer ses études, il jouait régulièrement dans les bals de village dans la région de Dalhem.




    A 90 ans, encouragé par ses enfants, il édite un CD intitulé « Mélanges », dont vous pouvez écouter le Capriccio pour violon et piano ci-dessus, qui renferme quelques pièces de musique de chambre avec la participation d’interprètes qu’il appréciait tout particulièrement comme le violoniste Jean-Paul Edgard Lochet, les pianistes Jean Schils et Pierre-Henri Hamers, le violoncelliste Sébastien Walnier, le clarinettiste Jean Ryckewaert, le trompettiste Rosario Macaluso ainsi que la soprano Nathalie Solhosse.

    Il décède le 11 septembre 2010 à l’âge de 94 ans en laissant aux musiciens liégeois le souvenir d’un homme bon, toujours accessible et abordable, généreux et modeste. Albert Pleyers restera un symbole liégeois de l’amour de la musique. Je suis sûr que parmi les musiciens qui l’ont connu, et ils sont nombreux, personne ne l’oubliera.

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