musique anglaise

  • L'autre Gustav

    Gustav Holst (1874-1934) est, avec son ami Ralph Vaughan Williams ainsi que Frederick Delius et Edward Elgar, l'une des personnalités musicales anglaises marquantes de la première moitié du XXe siècle. Sa suite symphonique Les Planètes, une des œuvres les plus connues du XXe siècle, a eu tendance à éclipser ses autres compositions, ce que le compositeur regrettera. Très proche de Vaughan Williams, Holst emploie un langage nouveau, volontairement tonal et moins tendu que celui de Gustav Mahler. Il cherche dans les riches orchestrations des ambiances et des couleurs qui touchent bien souvent au mysticisme.

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    Né à Cheltenham dans une famille de musiciens, il abandonne tôt ses études de piano pour se consacrer à la composition sous la direction de Stanford. Tromboniste dans plusieurs orchestres pour arrondir ses fins de mois, il devient rapidement professeur de composition au Royal College of Music. Sa production orchestrale et vocale est abondante. Elle traduit clairement les intérêts folkloriques (A Somerset Rhapsody en 1906), littéraires (Ode to the Death sur un poème de W. Withman en 1919), hindouistes (Hymn of the Rig Veda en 1912) ainsi que mythologiques et astronomiques (The Planets entre 1914 et 1917).

    Personnage curieux de tout et particulièrement sensible, il découvre l’Europe, visite Constantinople et Athènes durant la première guerre mondiale et s’émerveille des paysages anglais qu’il rencontre au gré de ses nombreuses randonnées. Alternant succès et déconvenues, G. Holst, dépressif de longue date, partage la fin de sa vie entre une confortable résidence campagnarde et Londres où il s’éteint le 25 mai 1934 quatre mois après Elgar et quelques jours avant Delius.



    Au cours des années 1910, Gustav Holst traverse une période de crise musicale et philosophique. En effet, sa première œuvre d’envergure, un opéra nommé Sitra manqua de peu le prix du concours de composition organisé par la maison d’éditions Ricordi. Par contre, d’autres pièces comme The Cloud Messenger et Beni Mora furent créées avec succès.

    En mars 1913, il reçût une bourse qui lui permit de voyager en Espagne avec Clifford Bax (le frère du compositeur Arnold Bax), astrologue. Il initia le compositeur aux règles de l’astrologie. Holst possédait le livre du célèbre astrologue anglais Allan Leo « The Art of Synthesis » divisé en sept chapitres, un par planète (Pluton ne sera découverte qu’en 1930). Chaque planète y est présentée en fonction de son rôle astrologique. Il est fort probable que Holst ait été introduit auprès de Leo par l’intermédiaire d’un ami commun, G. Mead, spécialiste du sanskrit et membre, comme le musicien, de la Royal Asiatic Society.

    D’autres influences plus musicales, sont également à considérer. Toujours pendant la composition des Planètes, Holst assista avec enthousiasme au concert au cours duquel A. Schoenberg dirigea ses Cinq Pièces pour orchestre op. 16. L’anglais fut si impressionné qu’il voulut d’abord nommer son œuvre « Sept pièces pour orchestre ». Ensuite, I. Stravinsky vint diriger les fameux Sacre du Printemps et Holst fut, bien sur, ébloui devant cette manière inédite d’utiliser les sonorités de l’orchestre et la métrique. Mars, la première pièce de sa suite en porte des traces évidentes.

     

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