naples

  • Miroirs


    « Lorsqu’on visite le Teatro San Carlo de Naples, les guides font remarquer un curieux détail dans sa décoration. Chaque loge est munie d’un miroir réfléchissant l’opulente loggia royale. Le Teatro Mercadante, à quelques centaines de mètres de l’illustre salle, est pourvu de glaces disposées de même. Leur présence, explique-t-on, n’est pas le fait d’un surplus de coquetterie de la part des Napolitaines, mais le reliquat d’un rituel instauré depuis les débuts de l’opéra en cette ville.

    Teatro San carlo Naples.JPG

    Le Théâtre San Carlo de Naples

    Teatro San carlo Naples Miroirs.jpg

    Les fameux miroirs.

    On sait la cour parthénopéenne avoir été sous l’influence de la rigide étiquette de la cour espagnole. Le protocole bourbon voulait qu’à la fin de chaque représentation, le prince régnant, et nul autre, donnât le signal des applaudissements. Comme les bonnes manières, relatives, ne permettaient point de se retourner pour observer frontalement ses réactions, les miroirs offraient la possibilité de regarder à la dérobée l’auguste face et les mouvements de ses mains. Son Altesse avait-elle aimé ? Applaudissait-elle ? Alors il était loisible de faire de même ».

    Vincent Borel, Un curieux à l’opéra, Paris, Actes Sud, 2006, p. 94.

    Teatro San carlo Naples ancien.jpg

    Le Théâtre San Carlo au 18ème siècle.

     

    Saverio Mercadante - Zaira, créé au San Carlo de Naples en 1831 - "Senti... Senti..."

    Lien permanent Catégories : Arts, Général, Sourions un peu! 3 commentaires