rouget de lisle

  • Marseillaise

    Liège a toujours célébré la fête nationale française. Aussi loin que je me souvienne, le feu d'artifice tiré du Palais des Congrès est l'un des événements les plus spectaculaires de l'été en Cité ardente et les badauds se pressent par miliers pour admirer  le travail des artificiers et profiter de la fête.Mais d'où vient donc cette habitude de fêter la 14 juillet tout autant que la fête nationale belge?

     

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    Selon Hervé Hasquin, dans son ouvrage la Belgique française (Bruxelles,1993), la Révolution liégeoise était un miroir de la Révolution française ou en était même une partie. La Révolution en France et à Liège commença simultanément en 1789, et dans cette interprétation la Révolution liégeoise continuait après le retour temporaire du prince; elle connut une deuxième phase avec l'entrée des troupes révolutionnaires françaises en 1792, et une troisième phase en 1794 avec le deuxième retour des Français. Alors, la révolution finit en 1795 par la disparition de la principauté et son incorporation à la République française. Pendant cette phase la révolution a montré des épisodes extrêmes, par exemple la démolition de la cathédrale Saint-Lambert par les révolutionnaires liégeois mais également des épisodes prometteurs : Les Liégeois purent, pour la première fois, exprimer leur volonté à travers des élections au suffrage universel masculin et un plébiscite pour la réunion de la Principauté à la France (Wikipedia).

    Mais qu'on ne s'y trompe pas, célébrer le passé n'est pas le regretter. Les liégeois, à l'exception d'une faible minorité de la population (qui d'ailleurs n'augmente pas significativement par ces temps troublés en Belgique), ne désirent pas un rattachement à la France et la Marseillaise n'est pas en passe de devenir l'hymne des liégeois. D'ailleurs, bien peu de liégeois connaissent l'histoire de ce chant devenu si célèbre à travers le monde. Gros plan sur la genèse d'une mélodie:

    "Le 20 avril 1792, la France en révolution entre en guerre contre l’Europe des monarques coalisés. Quelques jours plus tard, le maire de Strasbourg, le baron de Dietrich, lors d’une soirée en compagnie de militaires qu’il avait coutume d’organiser, constate avec regret que la France révolutionnaire ne possède pas un hymne national capable de galvaniser ses soldats et les volontaires engagés afin de défendre la “ patrie en danger ”. Touché par la remarque du baron, le capitaine du génie Claude-Joseph Rouget de Lisle, poète et musicien à ses heures, compose dans la nuit du 25 au 26 avril les paroles et la musique du Chant de guerre pour l’armée du Rhin. Le chant est bientôt adopté par les fédérés marseillais qui en montant à Paris vont le populariser et l’imposer comme chant patriotique et révolutionnaire. Ils lui donnent aussi son nom, Hymne des Marseillais puis La Marseillaise, laquelle devient chant national par le décret du 14 juillet 1795 (26 messidor an III) qui ne sera toutefois définitivement appliqué qu’à partir du 14 février 1879.


    Pinelli, Auguste, Rouget de Lisle composant la Marseillaise.gif

    Rouget de Lisle composant la Marseillaise (?)
    par Auguste PINELLI (1823-?)
    Date de création : 1875
    Date représentée : 25 avril 1792
    Huile sur toile



    Le sujet et la date exacte de cette toile ne sont pas définitivement établis. On peut toutefois raisonnablement avancer, à la suite de Philippe Bordes, que l’officier assis à son bureau la plume à la main, inspiré et fasciné par l’allégorie d’une France victorieuse, représente Rouget de Lisle sur le point de composer le Chant de guerre de l’armée du Rhin, qui deviendra bientôt l’hymne national français sous le nom de Marseillaise. L’allégorie, source d’inspiration et de motivation du jeune capitaine, pointe du doigt une inscription lumineuse — PRO PATRIA — et fait apparaître devant les yeux du poète une scène de charge militaire. Le tableau est rythmé par les couleurs du drapeau tricolore qui se répondent de chaque partie de l’étendard tenu fièrement par une France victorieuse dénudée et déterminée à agir sur le cours de l’histoire révolutionnaire. Outre l’inspiration patriotique et poétique, l’allégorie marque également par sa position élancée et son visage expressif le combat militaire révolutionnaire, la patrie en danger, les armées étrangères aux frontières et les engagés volontaires, auxquels répondent l’officier haranguant ses hommes et le sabre de Rouget de Lisle posé contre une chaise. La composition d’ensemble offre une vision poétique du moment créatif tout en accentuant les éléments patriotiques d’un chant emblématique de la période révolutionnaire autant que des luttes sociales et politiques de tout le XIXe siècle.

     



    Idéal républicain, fougue révolutionnaire et symbolisme se mélangent dans cette toile afin de donner au sujet et surtout à sa source d’inspiration — La Marseillaise — toute sa dimension patriotique. Premier hymne national moderne, La Marseillaise joue un rôle de pionnière dans l’expression manifeste d’une conscience nationale. Malgré une double dimension – révolutionnaire et nationale – qui lui a valu une image parfois ambivalente, ce chant s’est vu définitivement consacré comme hymne national avec l’avènement de la IIIe République et la célébration du centenaire de 1789. Outre cet aspect conjoncturel, le tableau illustre parfaitement le rôle de ce chant dans les exploits militaires des armées françaises révolutionnaires, comme l'a évoqué Olivier en 1820 dans son Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution : “ Les générations à venir s’étonneront de voir des chansons figurer au nombre des causes des succès militaires, mais il n’en demeure pas moins avéré que ces couplets, pleins d’énergie et de patriotisme, accompagnés par la musique la plus martiale, animèrent une jeunesse ardente, contribuèrent à faciliter les levées, enflammèrent le courage des soldats et leur firent soutenir les privations avec autant de gaieté qu’ils affrontaient les dangers. ”

     

    Texte de Pascal Dupuy  

    http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=381

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