solidarite

  • Fiction ?

    L’actualité des derniers jours a ramené à ma mémoire les films d’anticipation que je regardais il y a bien longtemps déjà. Outre les traditionnelles aventures de l’espace, se trouvaient aussi ces sortes d’utopies qui représentaient le monde tel qu’il pourrait être en l’an 2000. On y voyait des paysages ravagés par des catastrophes naturelles, des habitants survivants cherchant à subsister dans un monde qui n’avait ni foi ni loi, des inégalités, des guerres et des cruautés que nos pires cauchemars n’auraient même pas imaginés et de sombres perspectives économiques, politiques et financières. On se disait alors qu’il était impossible que notre terre puisse ressembler à ces visions pessimistes et on se moquait de ces romans cinématographiques ou littéraires qui semblaient bien porter leur nom, la science-fiction. 

    Malheureusement, force est de constater que certains cinéastes avaient vu juste. Les images effroyables du séisme italien du début de la semaine, les violences à Strasbourg en marge du sommet de l’OTAN, les problèmes de plus en plus pressants des sans-papiers, les famines dans de nombreux endroits de la planète, la crise économique et son lot de chômages, de drames familiaux, la super protection des autorités, les déclarations insensées, provocatrices et incendiaires de certains qui devraient parler de paix, … la liste n’est pas exhaustive loin s’en faut, sont bien celles de ces vieux films.


     

    Italie
     


     

    Mais comme dans toute mauvaise histoire, il y a des « petits » miracles. La jeune fille qu’on sort quasi indemne des décombres après des heures d’attente montre aussi la volonté de vivre quoi qu’il arrive, prouve que l’espoir des secouristes n’est pas vain. Ce genre de « miracle » se produit dans chaque catastrophe et justifie à lui seul les recherches acharnées qui doivent être érigées en exemple pour nous tous. 

    Le paradoxe de notre époque réside dans l’apparente indifférence des êtres les uns par rapport aux autres et les élans de solidarité qui naissent spontanément (j’aime le croire…) dès que ces mêmes êtres se trouvent en difficulté. Le philosophe Pascal Bruckner explique ce phénomène par la culpabilisation de l’Occident face aux détresses du monde. Cet Occident qui, tout au long de son histoire, s’est plu à imposer sa loi au monde en n’évitant pas les « dommages collatéraux ». En témoigne, d’après lui, les excuses et demandes de pardon qui pleuvent des gouvernements et des chefs d’état par rapport aux méfaits passés. Mais si ces excuses sont absolument utiles pour les victimes et leurs descendants, elles finissent par perdre de leur valeur à force de banalisation, surtout quand, dans les faits, ce sont toujours les mêmes exactions qui se répètent années après années.


     

    Réfugiés rwandais
     Réfugiés rwandais


     

    Alors, puisque c’est aujourd’hui le Vendredi Saint des chrétiens, dont je ne fais pas partie même si on n’échappe pas à sa culture, puisque c’est le jour le plus sombre de l’année avec la mort du Christ sur la Croix et la perspective de la Résurrection, ayons, nous aussi, l’espoir que ces temps troublés n’étouffent pas tous ceux qui ont la volonté de vivre et de partager la planète et toutes ces richesses. Chacun ira de sa petite contribution, de sa petite goutte d’eau, mais c’est bien là la force que l’humanité doit entretenir pour espérer des jours meilleurs et un retour rapide à la lumière. J’ai toujours été persuadé qu’il ne fallait pas se lamenter sur le sort des hommes, mais déployer son énergie, chacun dans son domaine, pour apporter quelque chose à l’autre et savoir aussi recevoir de l’autre. Cela permet une paix intérieure bienfaisante garante de notre équilibre. Sans tomber dans l’angélisme stupide et naïf, je reste convaincu que la solidarité et la tolérance doivent être nos repères les plus surs.

     

    Bonnes fêtes de Pâques à tous…

    solidarite


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