tête

  • Montre-moi ton visage!


    La tête, avec ses caractéristiques faciales, a constitué dès la plus haute antiquité le symbole de l’être humain. Siège de la pensée, de la langue et de la reconnaissance, on y voyait la partie du corps représentant l’individu dans sa totalité. L’être communiquant, s’il passe parfois par le corps, passe avant tout par l’expression des traits de son visage.

    D’ailleurs, dans ses premières expériences de représentation de la réalité, le petit enfant dessine le visage de sa mère en l’affublant d’une tête gigantesque par rapport à son corps à peine ébauché.

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    Dessin d'un enfant entre trois et quatre ans

     



    Dans l’art ancien, la figure humaine est une abstraction ; elle n’est pas réaliste. Elle représente un concept, un archétype, aurait dit Jung. Son but n’est pas de représenter, mais de communiquer un message.

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    Stèle de Verrucola, âge du bronze

     



    La tête est stylisée, schématisée : parfois le visage est à peine perceptible, comme dans les énigmatiques stèles statues de l’âge du bronze ou dans les têtes de marbre blanc poli datant du IIIème millénaire av J-C.

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    Art des Cyclades, IIIème millénaire av JC.

     



    Les égyptiens associèrent à la schématisation la régularité de la forme pour connoter la beauté royale ou divine. Cependant, avec l’art grec, le visage prend des traits naturels, mais non réalistes, car il s’agit là d’un visage idéal, le point ultime de l’expression de la beauté pour les Grecs de l’Antiquité ; le visage est, là encore, instrument de communication.

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    Egypte, visage d'Ammenmhat III, Musée du Louvre

     

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    Le visage dans l'art grec

     

     



    À cause de son schéma visuel facilement reconnaissable, le visage humain a été l’objet des traitements les plus bizarres, comme en témoignent, par exemple, les toiles du peintre italien du baroque, Giuseppe Arcimboldo qui en utilisant des objets étrangers à l’homme (légumes, …) parvient à un e expression très surprenante et fascinante.

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    Il en va de même dans l’art moderne, lorsque le visage, devenu portrait aux temps modernes et dans le romantisme, perd son statut de représentation et d’identification sacrée ou royale. Le visage est alors étudié dans ses caractéristiques individuelles qui sont déformées dans les portraits particulièrement bouleversants des expressionnistes qui n’hésitent pas à faire sentir l’intériorité de l’être dans l’image picturale. On y comprend, sans autre forme d’analyse, toute la psychologie sans concession du personnage représenté… Freud n’est pas loin et les débuts de la psychanalyse permettent de laisser voir à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur.

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    Otto Dix, Portrait de groupe: Günther Franke, Paul Ferdinand Schmidt, et Karl Nierendorf, 1923

     



    Le visage retourne alors, dans les arts contemporains, à leur stylisation première et archétypale. Les visages de Paul Klee ou ceux de Picasso, en approchant de l’abstraction, retrouvent un aspect universel et fondamental. Ils sont l’évocation du monde, du soleil ou de l’être. Ils sont, en tous cas, restés profondément existentiels…

     

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    Klee, visage d'homme, 1922

     

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    Picasso, Portrait de femme lisant

     joseph louis,peinture,liège,académie royale des beaux-arts de liège

    Joseph Louis, Lignes de Nazca, 1980.

     

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