undine

  • Ondines…



    J’ai pris un peu de retard dans mes billets ces derniers jours. En cause… un emploi du temps très chargé ! Il est grand temps de vous proposer les quelques photos du dernier concert de l’U3A de la saison… avant, évidemment, le Festival « Voyages d’été » qui s’annonce passionnant.

    Nous recevions deux jeunes et formidables musiciennes que nous avions entendues dans un programme commenté consacré à la Sonate pour flûte et piano de Francis Poulenc. Cette fois, je leur avais donné carte blanche pour donner un récital qui mettrait en évidence les diverses qualités de la flûte. C’est donc avec un plaisir teinté d’impatience qu’on se réjouissait d’entendre à nouveau Delphine Antoine à la flûte et Marie Havaux au piano.

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    C’est vers un répertoire romantique qu’elles ont donc décidé de se tourner. Trois pièces de caractère très différent. Le programme débutait par le Nocturne et Allegro scherzando du compositeur, flûtiste virtuose et directeur de la musique à l’Opéra de Paris, Philippe Gaubert (1879-1941). On y trouve un style musical à la fois mélodique parfaitement adapté à la flûte et un sens du coloris harmonique qui n’a rien à envier à G. Fauré et aux premières tentatives symbolistes en musique. Le charme du Nocturne laisse place à la virtuosité de l’allegro. Toute la subtilité du propos était parfaitement rendue par le duo aussi à l’aise dans les passages virtuoses que dans les subtilités de timbres.

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    Le gros morceau était, à coup sûr, l’immense Sonate op. 167 « Undine » de Carl Heinrich Carsen Reinecke (1824-1910). Les dates du compositeur témoignent d’un homme qui a traversé une bonne part du XIXème siècle et qui a connu les styles successifs du Romantisme musical allemand. Composée en 1882, au moment où Wagner achève son Parsifal, la Sonate en quatre mouvements très développés s’inspire du roman du même nom de l’auteur allemand Friedrich Heinrich Karl de la Motte Fouqué (1777-1843). L’auteur, dont le nom témoigne d’une famille d’origine française, provenait d’un milieu d’officiers militaires au service de Frédéric II de Prusse. Il est l’auteur du premier drame théâtral allemand qui unissait, dès 1810, les légendes islandaises, les sagas nordiques et la Chanson des Nibelungen dont Richard Wagner s’inspirera et qu’il développera avec le profit qu’on sait.

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    La Sonate est d’une rare densité et une véritable révélation. Je compte d’ailleurs l’étudier de plus près dès que possible car le potentiel de cette musique mérite une diffusion plus large. Son symbolisme musical, l’importance de la partie de piano et le style de la partie de flûte témoignent d’un compositeur de premier plan… méconnu. Là encore, nos musiciennes ont démontré leur aisance à structurer, à manier le discours avec efficacité. C’était la première fois qu’elles jouaient ce monument de la flûte en concert. On ne peut donc que se réjouir de l’exceptionnel niveau déjà atteint…

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    Photo Armand Mafit.



    Le concert s’achevait par une pièce démonstrative, un de ces morceaux de bravoure qui suscitent l’enthousiasme du public par ses thèmes… en l’occurrence ici, ceux de Carmen de Bizet, et par l’exceptionnelle virtuosité que demande de tels ruissellements de notes. La Fantaisie brillante sur Carmen de François Born (1840-1920) fait un peu penser à celle de Pablo de Sarasate pour le violon. Il s’agit de condenser toutes les difficultés de l’instrument dans une incroyable succession de traits, de gammes et d’arpèges tous plus ardus les uns que les autres. Il faut dire que le compositeur était lui-même l’un de ces virtuoses exceptionnels. Originaire de Bordeaux où il va tenir le poste de première flûte solo dans l’Orchestre du Grand Théâtre et enseigner au Conservatoire de la ville, cette Fantaisie est un des piliers du répertoire romantique pour la flûte. Plaisir absolu, d’entendre Delphine Antoine se jouer de ces difficultés et enchaîner les tubes de Carmen avec le plus grand bonheur.

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    Cette fois, la flûte enchantée, c’est ainsi que je titrais le récit de leur dernier concert à l’U3A, s’est métamorphosée deux ondines qui ont su distiller leurs sortilèges sur les auditeurs enthousiastes. Quoi de mieux pour terminer une saison musicale riche en instants magiques… ? On en redemande !

     

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    Photo Armand Mafit.


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